AccueilActualitéSantéSeth Kikuni accuse Tshisekedi d'avoir déclenché la guerre

Seth Kikuni accuse Tshisekedi d’avoir déclenché la guerre

L’opposant Seth Kikuni a directement imputé au président Félix Tshisekedi la responsabilité de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo. Lors d’un échange en direct vendredi, il a répondu aux accusations de Peter Kazadi, qui désigne Joseph Kabila comme le chef de l’AFC/M23. « Non, c’est Tshisekedi qui a commencé cette guerre », a-t-il martelé, rappelant que le pays avait connu « une décennie de paix » avant l’arrivée de l’actuel chef de l’État.

Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur les origines du conflit et la gestion du pouvoir. Seth Kikuni a détaillé plusieurs éléments pour appuyer son propos, évoquant notamment le sort réservé à des figures du M23 sous l’ancien régime. Selon lui, le colonel Byamungu avait été condamné et détenu à la prison de Ndolo sous Joseph Kabila, avant d’être libéré par une ordonnance signée par Félix Tshisekedi. Il accuse également ce dernier d’avoir « invité le M23 pendant 14 mois à Kinshasa » et d’avoir « ressuscité » une rébellion dont les membres étaient, dit-il, cantonnés en Ouganda.

Une accusation de compromission et de faiblesse diplomatique

L’opposant ne s’est pas limité à la question des responsabilités historiques. Il a aussi contesté la posture de résistance affichée par le pouvoir face à la crise sécuritaire. « Vous léchez Donald Trump pour que l’AFC/M23 ne puisse pas avancer », a-t-il lancé, reprochant au gouvernement de « brader les richesses du pays » en échange d’une sécurité qu’il juge illusoire. Cette déclaration met en lumière les tensions autour de la diplomatie congolaise et de ses alliances internationales.

Pour Seth Kikuni, le discours récent de Joseph Kabila contient un message central : le Congo est en péril, et le sauver est « un impératif et une urgence ». Il a rappelé l’engagement pris par son camp lors des conclaves de Nairobi, qu’il présente comme « un serment » : libérer la RDC de « la tyrannie de M. Tshisekedi ». Selon lui, la sortie de l’ancien président est « un dernier avertissement » qui sera suivi d’actions « irréversibles ».

Un bilan contrasté entre les deux présidences

Interrogé sur le bilan de Joseph Kabila, marqué par le report des élections et la répression des marches de l’opposition, Seth Kikuni a reconnu qu’« il y a eu la répression ». Il a toutefois soutenu que la RDC dans sa forme actuelle est « l’œuvre » de l’ancien président, qui a organisé une passation pacifique du pouvoir et ne s’est pas présenté en 2023. À l’inverse, Félix Tshisekedi aurait selon lui « battu tous les records » en matière de tribalisme, de corruption et de pouvoir personnel.

Cette comparaison vise à délégitimer l’action du président actuel tout en réhabilitant partiellement l’héritage de son prédécesseur. Seth Kikuni a appelé les citoyens à « chasser M. Tshisekedi du pouvoir », sans préciser si les actions envisagées seraient pacifiques ou armées, renvoyant aux prochaines annonces de Joseph Kabila.

Une plateforme politique sous pression

L’opposant a également mis en avant la plateforme Sauvons la RDC, qu’il distingue clairement de l’AFC/M23. Il affirme avoir été arrêté et privé de son passeport à son retour à Kinshasa, puis contraint de quitter le pays clandestinement. Il dénonce aussi la disparition de responsables de la plateforme et la suspension de ses partis membres. Face aux accusations du pouvoir de faire le jeu de l’AFC/M23, Seth Kikuni a rejeté ces « soupçons ». « Nous ne sommes pas des lâches. Si nous étions membres de l’AFC/M23, nous allions le déclarer », a-t-il affirmé depuis l’exil.

Quant au fait que Joseph Kabila n’ait cité ni l’AFC/M23 ni le Rwanda dans son discours, il dit ne pas en être gêné : « Le problème, c’est Félix Tshisekedi. » Cette focalisation sur la personne du président illustre la polarisation du débat politique congolais, où les enjeux sécuritaires se mêlent aux rivalités personnelles et aux stratégies de conquête du pouvoir.

A lire aussi : RDC : Peter Kazadi accuse Joseph Kabila de la guerre dans l’Est ; Kinshasa : Fayulu accuse Tshisekedi de guet-apens à la marche C64

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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