La République démocratique du Congo traverse une période particulièrement difficile, marquée par une épidémie d’Ebola d’une ampleur inédite et un contexte sécuritaire dégradé. Lors d’un dialogue interactif renforcé au Conseil des droits de l’homme à Genève, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, a décrit la situation comme un « douloureux enchevêtrement de crises ».
Cette épidémie, la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays, a déjà dépassé les 8 000 cas confirmés et causé plus de 3 900 décès, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Ces chiffres, rappelés par Awa Dabo, illustrent la pression énorme qui pèse sur un système de santé déjà fragilisé par des décennies de conflits et un sous-investissement chronique.
Une épidémie aggravée par l’insécurité et le manque de moyens
La progression du virus Ebola est directement liée à l’insécurité persistante dans l’est de la RDC. Les affrontements impliquant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, ainsi que l’activisme d’autres groupes armés, entravent l’accès aux communautés. Le manque de financement et les difficultés logistiques compliquent le dépistage des cas et le suivi des contacts, pourtant essentiels pour contenir l’épidémie.
La Haut-Commissaire adjointe a souligné que les griefs de longue date envers les institutions publiques et les organisations humanitaires internationales ont également des répercussions sur la réponse sanitaire. La méfiance d’une partie de la population rend plus difficile l’adhésion aux mesures de prévention et de prise en charge.
Des équipes de riposte ciblées par la violence et la désinformation
Les personnes engagées dans la lutte contre Ebola sont elles-mêmes exposées à des risques. Au 11 septembre 2026, le bureau des droits de l’homme de l’ONU avait recensé au moins 36 menaces de mort, attaques contre le personnel et les établissements de santé, et tentatives d’entrave à des funérailles. Ces violences sont souvent alimentées par la désinformation sur le virus.
L’assassinat récent d’un homme politique après une intervention radiophonique de sensibilisation à Ebola illustre, selon Awa Dabo, à quel point la peur et les fausses informations peuvent être mortelles. Ce climat de défiance complique encore davantage le travail des équipes sanitaires sur le terrain.
Rétablir la confiance, un enjeu central de la riposte
Face à ces difficultés, la Haut-Commissaire adjointe a insisté sur la nécessité d’un engagement soutenu auprès des communautés. Une stratégie fondée sur la transparence, l’équité et le respect des droits de chacun est essentielle pour rétablir la confiance et améliorer l’efficacité des interventions.
La situation en RDC montre que la réponse à une épidémie ne se limite pas aux aspects médicaux. Elle doit prendre en compte les réalités sociales, sécuritaires et politiques locales. Sans un environnement plus sûr et une meilleure adhésion des populations, les efforts pour stopper la propagation du virus risquent de rester insuffisants.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
