À Genève, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé sa disponibilité à soutenir la mise en place d’évaluations d’impact sur les droits humains pour les grands projets liés aux ressources naturelles en République démocratique du Congo. Cette annonce a été faite par Awa Dabo, Haut-Commissaire adjointe, lors du dialogue interactif sur le rapport du Haut-Commissaire concernant la RDC, dans le cadre de la 63e session du Conseil des droits de l’homme.
Cette proposition vise à répondre à un paradoxe souligné par la responsable onusienne : l’immense richesse minière du pays contraste avec la pauvreté généralisée de sa population. Selon elle, la concurrence pour les ressources naturelles et les intérêts économiques, tant internes qu’externes, continuent d’alimenter le conflit dans l’Est du pays. L’objectif de ces évaluations serait de mieux mesurer les conséquences des grands projets et investissements sur les droits des populations locales.
Un outil pour évaluer les conséquences des projets miniers
Les évaluations d’impact sur les droits humains sont des études qui examinent comment un projet ou un investissement peut affecter les droits fondamentaux des personnes, comme le droit à un environnement sain, à la santé ou à un niveau de vie suffisant. Dans le contexte congolais, ces évaluations pourraient porter sur les activités d’extraction minière, souvent menées dans des zones où les populations sont déjà vulnérables.
Le bureau du Haut-Commissariat en RDC se dit prêt à appuyer la réalisation de telles évaluations, qui seraient obligatoires pour les grands projets. Cette approche vise à intégrer les droits humains dans les décisions économiques, afin que les bénéfices des ressources naturelles profitent davantage aux Congolais.
Des réformes de gouvernance jugées nécessaires
Awa Dabo a également insisté sur la nécessité de réformes structurelles. « Les ressources du pays devraient profiter au peuple de la RDC et non être exploitées par des intérêts étrangers et nationaux égoïstes », a-t-elle déclaré. Pour elle, cela exige de la transparence, des réformes de la gouvernance, la lutte contre la corruption et des institutions plus fortes.
Ces propos font écho à la position du gouvernement congolais, qui cherche à transformer ses minerais en levier de développement. Lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait affirmé : « Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale. »
Un enjeu de souveraineté et de développement
La question des ressources naturelles est devenue centrale dans les relations internationales de la RDC. Le pays, riche en minerais critiques indispensables aux transitions technologiques et énergétiques, souhaite mieux contrôler leur exploitation. À l’initiative de la RDC, une réunion en formule Arria au Conseil de sécurité avait été consacrée à l’évaluation du déficit normatif en matière de ressources naturelles et de paix.
L’appui proposé par l’ONU pourrait donc s’inscrire dans une dynamique plus large visant à concilier exploitation des ressources, respect des droits humains et développement durable. Pour les populations de l’Est, souvent affectées par les conflits liés aux minerais, ces évaluations pourraient représenter un pas vers une meilleure prise en compte de leurs droits.
A lire aussi : RDC : Mushobekwa juge ses successeurs aux Droits humains « muselés » ; RDC : ADF, plus de 1 500 victimes d’atteintes aux droits humains
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
