Le crash d’un avion de type petit porteur survenu le 25 septembre 2026 à Kenge, dans la province du Kwango, a coûté la vie à 17 personnes, dont deux figures majeures de la justice militaire congolaise : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ce drame a été évoqué lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, où la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Awa Dabo, a rendu hommage à ces deux officiers et souligné leur engagement dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits.
Un hommage appuyé à deux acteurs de la justice militaire
Lors du dialogue interactif renforcé sur le rapport du Haut-Commissaire aux droits de l’homme concernant la RDC, Awa Dabo a présenté ses condoléances et rappelé le rôle de ces responsables dans la poursuite des auteurs de violations flagrantes des droits humains. « Tous deux œuvraient pour que les auteurs de violations flagrantes des droits humains, notamment les violences sexuelles liées aux conflits, soient tenus responsables », a-t-elle déclaré. Elle a également exprimé l’espoir que « l’élan pour faire progresser cette cause essentielle pourra être maintenu » malgré leur disparition.
Un travail judiciaire mesurable au premier semestre 2026
La justice militaire congolaise joue un rôle central dans les procédures liées aux violations des droits humains et au respect du droit international humanitaire. Selon les données citées par la Haut-Commissaire adjointe, l’appui du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et de la MONUSCO aux juridictions militaires a contribué, au premier semestre 2026, à l’ouverture d’au moins 169 procédures judiciaires et à la condamnation de 96 personnes. Ces chiffres illustrent l’activité concrète des institutions que dirigeaient les deux officiers disparus.
Un deuil national et une enquête en cours
Le crash de Kenge a provoqué une vive émotion au sein des institutions congolaises. Sur instruction du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, le gouvernement a annoncé la mise en berne des drapeaux sur toute l’étendue du territoire national à compter du lundi 28 septembre 2026, jusqu’à l’inhumation des disparus. Trois jours de deuil national ont également été décrétés. Par ailleurs, une enquête judiciaire préliminaire a été ouverte afin d’établir les faits, les circonstances et les causes de l’accident.
La disparition de ces deux hauts responsables intervient alors que la RDC continue de faire face à des défis majeurs en matière de lutte contre l’impunité, en particulier pour les violences sexuelles liées aux conflits. Leur engagement, salué par les Nations Unies, laisse un héritage institutionnel dont la continuité dépendra des prochaines nominations et du maintien des appuis techniques et financiers aux juridictions militaires.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
