AccueilActualitéSecuritéIturi : identification des déplacés pour un retour volontaire à Djugu

Ituri : identification des déplacés pour un retour volontaire à Djugu

Le gouvernement provincial de l’Ituri et ses partenaires humanitaires ont lancé, jeudi 8 octobre, une opération d’identification des personnes déplacées souhaitant regagner leurs villages d’origine. La campagne a débuté dans le site de la plaine de Savo, en territoire de Djugu, qui accueille environ 70 000 personnes ayant fui les violences armées. L’objectif est de préparer leur retour volontaire et d’évaluer les besoins nécessaires à leur réinsertion sociale.

Une opération pilote à Savo pour évaluer les besoins

Une délégation mixte est déjà déployée sur le terrain. L’opération doit ensuite s’étendre à d’autres sites de déplacés. Depuis 2017, de nombreux habitants de l’Ituri ont fui les violences des groupes armés. Installés dans différents sites, ils vivent dans des conditions difficiles, aggravées par l’interruption de l’aide humanitaire depuis près de trois ans, rapportent des sources concordantes.

Cette initiative vise à établir un état des lieux précis des intentions de retour et des besoins en matière de sécurité, de logement, de moyens de subsistance et de services de base. Les autorités provinciales et les acteurs humanitaires entendent ainsi disposer de données fiables pour planifier une éventuelle réinstallation durable des populations concernées.

Le retour conditionné à la sécurité et à la réinsertion

Si certains déplacés souhaitent rentrer dans leurs villages, ils conditionnent leur retour à l’amélioration de la sécurité et à un accompagnement pour leur réinsertion. Emmanuel Ndalo, président du site de déplacés de la plaine de Savo, affirme que les zones d’origine ne sont pas encore sécurisées et qu’aucun processus de désarmement n’est engagé. « Nous plaidons aussi pour l’urgence, pour permettre un retour digne des déplacés dans leurs villages d’origine », explique-t-il.

Cette position reflète les inquiétudes des déplacés face à la persistance des violences armées dans plusieurs localités de la province. Le retour volontaire ne pourra être effectif que si les conditions minimales de sécurité et de stabilité sont réunies, ainsi qu’un soutien matériel et psychosocial adapté aux familles affectées par des années de déplacement forcé.

Extension de la campagne à Bunia et contexte sécuritaire

La campagne d’identification se déroule également dans les sites de Kigonze et de l’ISP, à Bunia, qui accueillent ensemble plus de 30 000 personnes déplacées. À Kigonze, environ 19 000 déplacés auraient quitté le site à la suite d’une opération de bouclage menée par les forces de l’ordre. Cette intervention visait à rechercher des suspects ainsi que des armes et des munitions présumées dissimulées sur place.

Cette opération de bouclage a eu un impact direct sur la population du site, poussant de nombreux résidents à se disperser dans d’autres zones ou à retourner temporairement dans des villages d’origine malgré les risques. Les autorités n’ont pas communiqué de bilan officiel sur les résultats de cette intervention, mais la situation sécuritaire demeure tendue dans la région.

La campagne d’identification en cours pourrait permettre de clarifier la situation des déplacés de Kigonze et de l’ISP, et d’évaluer leurs besoins spécifiques en matière de protection et d’assistance. Les prochaines étapes devraient inclure des consultations communautaires et une coordination renforcée entre les autorités provinciales, les agences humanitaires et les représentants des déplacés.

A lire aussi : Ituri : le vaccin Ervebo disponible à Bunia pour freiner Ebola ; Djugu, Ituri : le chef de Walendu Djatsi lance une campagne de paix

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: radiookapi.net

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