L’Assemblée provinciale du Maniema est saisie d’une motion incidentielle déposée par le député provincial Blaise Bitangalo. Le texte demande la suspension des activités des entreprises chinoises opérant dans le secteur minier à Kampene, dans le territoire de Pangi. L’élu dénonce des pratiques contraires au Code minier et des atteintes aux droits des populations locales.
Des permis de recherche transformés en exploitation
Selon le député, les sociétés visées exploitent des périmètres avec de simples permis de recherche, qu’elles auraient transformés en permis d’exploitation sans respecter la procédure légale. « Ils viennent ici avec des Permis de Recherche qu’ils transforment eux-mêmes en Permis d’Exploitation », a-t-il déclaré. Cette situation priverait les services de l’État de tout contrôle, notamment le SAEMAPE et la Division des Mines.
L’élu provincial souligne que cette transformation irrégulière des titres miniers se ferait au détriment des populations locales et des procédures établies. Il insiste sur la nécessité de rétablir un contrôle effectif des services techniques sur les activités extractives dans cette zone.
Des entraves à l’action publique et à l’accès des populations
Blaise Bitangalo évoque également l’usage présumé d’éléments armés et de gardes privés. Ces dispositifs empêcheraient les populations locales d’accéder à certains sites et limiteraient l’intervention des services étatiques. « Ils arrachent les terres aux paisibles citoyens et travaillent sans le contrôle des services de l’État », a affirmé l’élu, qui dit avoir saisi l’Assemblée provinciale pour que justice soit faite.
Cette situation créerait un climat de tension dans la région, où les habitants se verraient privés de leurs moyens de subsistance et de leur accès aux ressources naturelles. Le député dénonce une forme d’impunité qui entraverait l’action des autorités provinciales.
Des conséquences environnementales et économiques
L’exploitation minière menée avec des dragues et des engins lourds pose, selon le député, des problèmes environnementaux et économiques. Il cite la destruction des cours d’eau, la pollution des sols, l’expropriation des artisans miniers et un manque à gagner pour le Trésor public et la province. Ces éléments figurent dans la motion déposée à l’organe délibérant.
Les conséquences de ces pratiques seraient multiples : dégradation des écosystèmes aquatiques, perte de revenus pour les creuseurs artisanaux et absence de retombées fiscales pour les finances publiques. Blaise Bitangalo estime que ces activités compromettent le développement local et la stabilité sociale.
Les mesures demandées par le député
Dans sa motion, Blaise Bitangalo demande l’arrêt des activités des entreprises mises en cause à Kampene, Kalima et Kailo. Il sollicite aussi la convocation de leurs responsables à Kindu. Il propose enfin la mise en place d’une commission conjointe réunissant l’Assemblée provinciale, le gouvernement provincial et les services techniques. Cette commission serait chargée d’examiner les dossiers et de définir les conditions nécessaires au rétablissement de la paix sociale et au respect des droits des populations.
L’initiative du député vise à obtenir une réponse institutionnelle face à une situation qu’il juge préoccupante. L’Assemblée provinciale devra se prononcer sur la recevabilité de la motion et sur les suites à donner aux demandes formulées.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
