La centrale hydroélectrique de Ruzizi 1, qui alimente Bukavu et ses environs, a vu sa production passer de 23 à 18 mégawatts (MW). Cette baisse de 5 MW, annoncée le 5 octobre 2026 par la direction régionale de la Société nationale d’électricité (SNEL), représente une diminution de 21,7 % par rapport au niveau précédent. L’entreprise l’attribue à un « étiage très prononcé » observé depuis juin, c’est-à-dire une baisse importante du débit de la rivière Ruzizi. Pour les ménages, les commerces et les services de la ville, cette réduction de la capacité de production pourrait se traduire par des perturbations dans la fourniture d’électricité.
Un déficit hydrique qui pèse sur la production
L’étiage correspond à la période de l’année où le niveau d’un cours d’eau est au plus bas. Dans le cas de la rivière Ruzizi, ce phénomène est particulièrement marqué depuis juin, selon la SNEL. La centrale, qui fonctionne grâce à la force de l’eau, voit donc sa capacité de production diminuer mécaniquement. L’entreprise précise que l’évolution de la production dépendra de l’amélioration du niveau d’eau. Une remontée du niveau du lac, qui alimente la rivière, devrait permettre d’augmenter à nouveau la production. Toutefois, la SNEL n’a pas communiqué de calendrier précis pour un retour à la normale, ni de programme détaillé de délestage pour les zones concernées.
Des installations vulnérables aux déchets urbains
La centrale a également été confrontée récemment à un autre problème affectant ses installations. Après de fortes pluies à Bukavu en septembre 2026, des déchets plastiques entraînés vers la rivière Ruzizi ont obstrué la prise d’eau de Ruzizi 1. La SNEL avait alors appelé la population à éviter de jeter des déchets dans les caniveaux, car ces déchets peuvent être emportés par les eaux de ruissellement vers les ouvrages hydroélectriques et perturber leur fonctionnement. Cet incident rappelle la vulnérabilité de l’infrastructure aux conditions hydrologiques et à l’environnement urbain. À court terme, la production de Ruzizi 1 reste donc tributaire de l’évolution du niveau d’eau et de la capacité à maintenir les ouvrages d’amenée en état de fonctionnement.
Une réhabilitation attendue pour sécuriser l’approvisionnement
La centrale fait par ailleurs l’objet d’un processus préparatoire à sa réhabilitation. En février 2026, la SNEL avait programmé, du 10 au 17 février, une réduction temporaire de la production à 15 MW afin de permettre la réalisation d’études bathymétriques de la retenue de la rivière Ruzizi. Ces études étaient présentées comme nécessaires avant la réhabilitation de l’ouvrage. La réhabilitation de Ruzizi 1 est également inscrite dans le Compact énergétique de la RDC. Le document prévoit une intervention sur la période 2025-2027, avec une enveloppe de 25 millions d’euros sous forme de subvention du gouvernement allemand. Le projet vise la modernisation de la centrale afin d’augmenter la production et le transport d’électricité, avec une capacité de 30 MW indiquée pour la centrale réhabilitée.
Un impact immédiat sur l’économie locale
Pour Bukavu et ses environs, l’enjeu est immédiat. Une baisse de 5 MW peut avoir un impact significatif dans une zone où les marges de production électrique sont limitées. Elle peut se traduire par davantage de perturbations pour les ménages, les commerces, les services et les petites activités productives dépendantes de l’électricité. À plus long terme, la réhabilitation prévue doit permettre de moderniser l’infrastructure et d’améliorer sa contribution à l’alimentation électrique de Bukavu. À ce stade, les informations disponibles renvoient toutefois surtout à un processus préparatoire et à un financement annoncé, sans précision sur le calendrier détaillé d’exécution des travaux.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
