La remise officielle des documents de formalisation à 780 entreprises de jeunes, le 13 septembre 2026 à Kinshasa, marque une étape concrète dans la politique d’insertion économique portée par le Fonds spécial pour la promotion, l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ). Présidée par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en présence de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, cette cérémonie illustre la volonté affichée de structurer l’entrepreneuriat juvénile, tout en posant la question de l’accompagnement après la remise des documents.
Pour les bénéficiaires, recevoir un numéro de registre de commerce, une identification nationale ou encore un numéro d’impôt représente bien plus qu’une formalité administrative. C’est l’accès à une existence économique légale, avec la possibilité de participer aux marchés publics, d’ouvrir un compte bancaire professionnel ou de solliciter des financements. Le représentant des bénéficiaires, Jeef Makobi Kwete, a résumé cet enjeu : « Recevoir les documents officiels de son entreprise, ce n’est pas recevoir de simples papiers, c’est recevoir une identité juridique, une reconnaissance et surtout une porte ouverte vers de nouvelles opportunités. »
Une deuxième cohorte élargie à quatre provinces
Selon le directeur général du FSPEEJ, Joseph Mbuyi Mukendi, cette deuxième phase de formalisation concerne 780 entreprises réparties entre Kinshasa (537), le Haut-Katanga (129) et le Kasaï oriental (114). La première cohorte avait porté sur 347 entreprises, dont 321 à Kinshasa et 26 au Kongo Central. Au total, ce sont donc 1 127 entreprises de jeunes qui ont été formalisées grâce au Fonds, avec l’appui de la ministre de la Jeunesse, Grâce Emie Kutino.
Cette progression géographique montre une volonté d’étendre le dispositif au-delà de la capitale. Pour les jeunes entrepreneurs des provinces concernées, l’enjeu est de sortir de l’informel, un secteur où l’absence de statut juridique limite l’accès au crédit, aux contrats formels et à la protection sociale. La formalisation est ainsi présentée comme un levier pour réduire la vulnérabilité économique de cette frange de la population active.
Un accompagnement public appelé à se renforcer
Le président de la République a insisté sur la nécessité de ne pas faire de la formalisation une fin en soi. « Elle doit être un passeport vers des possibilités économiques. Elle ne doit pas être l’aboutissement de l’accompagnement public, mais en constituer le commencement », a-t-il déclaré. Il a également mis en garde contre les tracasseries administratives et une pression fiscale disproportionnée qui pourraient décourager les jeunes entrepreneurs fraîchement enregistrés.
Dans cette optique, le chef de l’État a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première Ministre, de renforcer substantiellement le FSPEEJ. Les priorités énoncées incluent la sécurisation des moyens d’action du Fonds, l’adaptation de ses instruments aux différentes étapes de la vie d’une entreprise et l’organisation d’un accompagnement après la formalisation. Ces orientations visent à transformer un acte administratif en véritable tremplin économique.
Un maillon d’une chaîne de soutien à l’entrepreneuriat
La formalisation s’inscrit dans un ensemble plus large de dispositifs publics. Le programme Vunga, par exemple, a été conçu pour faciliter l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises, grâce à des lignes de crédit supervisées par le Fonds de garantie pour l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC), avec des conditions avantageuses pour les jeunes. La ministre de la Jeunesse, Grâce Emie Kutino, a rappelé que la jeunesse congolaise n’est pas seulement la relève de demain, mais une force du présent, une énergie nationale et une puissance de création et d’innovation.
Pour les ménages et l’économie nationale, l’enjeu est de taille : créer plus d’emplois constitue le premier pilier du Programme d’actions du gouvernement (PAG 2024-2028). La formalisation des entreprises de jeunes, si elle est suivie d’un accès effectif aux marchés et au financement, pourrait contribuer à élargir l’assiette fiscale, à stimuler la production locale et à réduire la dépendance aux importations. Mais le succès de cette politique dépendra de la capacité des institutions à tenir les engagements d’accompagnement post-formalisation et à éviter que les nouvelles obligations administratives ne deviennent un fardeau pour les jeunes entrepreneurs.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: primature.gouv.cd
