Ce lundi 6 octobre 2026, l’actualité congolaise est marquée par une série d’enjeux majeurs : la crise humanitaire au Nord-Kivu, les tensions politiques autour du rapport de la C64, les défis énergétiques et miniers, ainsi que les perspectives de développement régional. Voici le débrief de la journée.
Nord-Kivu : MSF soigne plus de 33 000 malnutris depuis janvier
La crise nutritionnelle s’aggrave au Nord-Kivu sous l’effet des combats entre les forces armées congolaises et la rébellion de l’AFC/M23. Entre janvier et août 2026, plus de 33 000 patients malnutris ont été pris en charge dans cette seule province par des structures de santé soutenues par Médecins Sans Frontières (MSF), selon l’organisation. Ce chiffre illustre l’ampleur d’une situation où les déplacements de population privent les familles de leurs terres agricoles, de leurs revenus et de l’accès à la nourriture. Lire l’article complet.
Selon MSF, la perte simultanée du logement, des terres et des moyens de subsistance pousse les ménages à dépendre des marchés pour se nourrir. Or, l’insécurité sur les axes d’approvisionnement perturbe la circulation des biens et fait grimper les prix. Les réductions de l’aide internationale, notamment dans les programmes de sécurité alimentaire et de santé, aggravent encore cette dynamique. La situation est particulièrement préoccupante à Walikale, où une analyse menée en novembre 2025 par le PAM et l’UNICEF avait relevé un taux de malnutrition aiguë globale de 46 %, un niveau qualifié d’urgent. Face à cette réalité, MSF poursuit son appui aux structures de santé dans plusieurs zones du Nord-Kivu, notamment à Mweso, Walikale, Kibirizi, Masisi et Bambo. L’objectif est d’assurer la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et de fournir des soins ambulatoires aux patients qui peuvent être traités sans hospitalisation.
Marche du 15 septembre : la C64 compte 240 arrestations et un décès
La Coalition Article 64 a rendu public, lundi 5 octobre, un rapport de 22 pages sur les incidents survenus lors de la marche du 15 septembre 2026 à Kinshasa et dans plusieurs autres villes de la République démocratique du Congo. Le document recense 240 arrestations, 64 blessés et un décès, ainsi que des cas de disparition et de séquestration présumées. Ce bilan, qualifié de provisoire par la coalition, repose sur des témoignages de victimes, des données des représentations provinciales et divers éléments documentaires. Lire l’article complet.
Le décès de Manassé Lomboto Bomengola, présenté comme cadre d’ADD Congo, figure parmi les principaux faits rapportés. Selon la coalition, il aurait été agressé alors qu’il intervenait pour protéger d’autres responsables de l’opposition pendant la manifestation. La C64 qualifie cette mort d’« assassinat politique » et demande que ses circonstances soient établies. La coalition réclame l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante afin d’identifier les auteurs présumés des violences, d’établir d’éventuelles responsabilités hiérarchiques et de déterminer les circonstances exactes du décès. Elle demande également la prise en charge des victimes et l’exploitation des éléments de preuve qu’elle affirme avoir réunis.
Kampene, Maniema : exploitation minière illicite entrave l’économie
À Kampene, dans le territoire de Pangi au Maniema, la journée du lundi 5 octobre a été marquée par une paralysie quasi totale des activités commerciales. Boutiques, marchés et commerces sont restés fermés à l’appel de la société civile et des coopératives d’exploitants artisanaux. En cause : l’occupation jugée illicite de plusieurs sites miniers par les entreprises chinoises Femetal Mining et Consortium, accusées d’exploitation illégale et de militarisation des carrés miniers. Lire l’article complet.
Selon la société civile de Kampene, Femetal Mining et Consortium ne disposeraient que de permis de recherche. Or, ces deux sociétés auraient déjà entamé l’exploitation industrielle des minerais, sans être passées par la phase d’exploitation prévue par la législation minière congolaise. Les forces vives locales reprochent également aux deux entreprises de mener des activités durant la nuit sous la protection de militaires lourdement armés. Cette présence armée, perçue comme une intimidation, aggrave le climat de défiance entre les compagnies et les exploitants artisanaux. Face à l’escalade des tensions, le ministre provincial des Mines du Maniema s’est engagé à organiser une réunion de concertation. Celle-ci devrait réunir les riverains, les coopératives artisanales et les dirigeants des deux compagnies minières afin de dégager des solutions concertées.
Kananga : une usine d’eau pour 1,5 million de personnes
Le lancement, lundi, des travaux de construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau à Kananga marque une étape décisive pour l’accès à l’eau potable dans le Kasaï-Central. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a officiellement donné le coup d’envoi de ce projet financé à hauteur de 160 millions de dollars américains par la Banque mondiale. L’infrastructure, qui sera érigée sur la rivière Lulua, vise à desservir plus de 60 000 ménages d’ici 2029, soit environ 1,5 million de personnes. Lire l’article complet.
Ce chantier s’inscrit dans le Programme gouvernemental d’accès, de gouvernance et de réforme des secteurs de l’électricité et de l’eau. Il répond à une urgence sociale criante dans une ville où l’approvisionnement en eau potable demeure un défi quotidien depuis des décennies. La vétusté de l’usine de Kanyuka, confrontée à des pannes fréquentes et à une capacité limitée, ne permet plus de répondre aux besoins d’une population en croissance. La nouvelle usine doit capter l’eau de la rivière Lulua, la traiter, la stocker puis la distribuer dans plusieurs quartiers de Kananga. Le projet prévoit l’installation de 30 000 nouveaux branchements particuliers et de 266 bornes-fontaines. La moitié de ces bornes-fontaines sera gérée par des structures féminines, un choix qui pourrait renforcer l’autonomie économique des femmes et améliorer la gestion de proximité.
Pannes électriques : la SNEL répare la ligne Inga-Kimwenza
La fourniture d’électricité a été perturbée ce mardi dès 07h25 à Kinshasa, dans le Kongo Central et à Bandundu, a annoncé la Société nationale d’électricité (SNEL SA). L’entreprise publique évoque le sectionnement du fil de garde sur plusieurs portées de la ligne 400 kV Inga-Kimwenza, à proximité de son croisement avec d’autres lignes alimentant la capitale, ainsi que des actes de sabotage et de vol de câbles. Lire l’article complet.
Ces dommages ont affecté le fonctionnement du réseau électrique et compliqué les efforts engagés dans le secteur. Pour les ménages et les activités économiques, ces coupures se traduisent par des interruptions de service qui pèsent sur le quotidien et sur la productivité des entreprises dépendantes de l’électricité. Face à cette situation, les équipes techniques de la SNEL SA se sont mobilisées pour effectuer les réparations nécessaires et rétablir progressivement l’alimentation électrique dans les zones touchées. La remise en service des lignes Kwilu 1 et Kwilu 2 a constitué une première avancée, contribuant au rétablissement progressif de la desserte électrique. La SNEL a présenté ses excuses à sa clientèle pour les désagréments occasionnés et l’a remerciée pour sa compréhension.
RDC : Germain Kambinga propose une loi militaire sur dix ans
La question de la défense nationale en République démocratique du Congo a occupé une place centrale lors de la 10e édition des Universités d’octobre, tenue lundi 5 octobre à Kinshasa. Germain Kambinga, président du parti Le Centre, y a présenté une proposition structurée : l’adoption d’une loi de programmation militaire couvrant une période de dix ans. L’objectif affiché est de sortir d’une gestion réactive des crises pour doter le pays d’une capacité de défense planifiée et durable face à la persistance de l’agression rwandaise dans l’Est. Lire l’article complet.
Le mécanisme de financement proposé par Le Centre repose sur la création d’un « Fonds souverain de défense et de résilience nationale ». Ce fonds serait exclusivement consacré à la modernisation des Forces armées, au renseignement, au développement des infrastructures militaires, à la logistique et à la protection des frontières. La proposition comprend également un volet social destiné à améliorer les conditions de vie des militaires, avec des mesures sur le logement, les soins de santé, l’assurance, la scolarisation des enfants et les pensions. Pour Germain Kambinga, ces réformes doivent permettre à la RDC de disposer des moyens nécessaires pour faire face durablement à l’agression rwandaise et aux groupes armés actifs dans l’Est.
Corridor de Lobito : Kinshasa pousse pour des retombées économiques
La deuxième réunion de coordination de haut niveau sur le corridor de Lobito s’est ouverte lundi 5 octobre à Lusaka, en Zambie. Les représentants de la République démocratique du Congo (RDC), de l’Angola et de la Zambie, ainsi que des partenaires financiers comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, cherchent à accélérer la mise en œuvre de ce projet d’infrastructure régional. Lire l’article complet.
L’enjeu est de taille : transformer un axe de transport de minerais en un véritable espace économique intégré. Pour la RDC, cela passe par le développement de zones industrielles, d’infrastructures logistiques et de secteurs comme l’agro-industrie et le tourisme. La Banque mondiale a annoncé vouloir accélérer le financement de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania. Cette infrastructure est stratégique : elle doit renforcer la liaison entre les zones minières de la RDC, la Zambie et l’Angola, et permettre l’acheminement des marchandises jusqu’au port de Lobito. Pour les entreprises congolaises, cela pourrait signifier une réduction des coûts de transport et un accès plus rapide aux marchés internationaux.
Ce débrief met en lumière les défis multiples auxquels la RDC est confrontée : crise humanitaire, tensions politiques, enjeux miniers, accès aux services de base, sécurité énergétique et intégration régionale. La journée du 6 octobre 2026 illustre la complexité d’un pays en quête de stabilité et de développement.
