La crise nutritionnelle au Nord-Kivu s’aggrave sous l’effet des combats entre les forces armées congolaises et la rébellion de l’AFC/M23. Entre janvier et août 2026, plus de 33 000 patients malnutris ont été pris en charge dans cette seule province par des structures de santé soutenues par Médecins Sans Frontières (MSF). Ce chiffre illustre l’ampleur d’une situation où les déplacements de population privent les familles de leurs terres agricoles, de leurs revenus et de l’accès à la nourriture.
Selon MSF, la perte simultanée du logement, des terres et des moyens de subsistance pousse les ménages à dépendre des marchés pour se nourrir. Or, l’insécurité sur les axes d’approvisionnement perturbe la circulation des biens et fait grimper les prix. Les réductions de l’aide internationale, notamment dans les programmes de sécurité alimentaire et de santé, aggravent encore cette dynamique.
Une chaîne de privations qui fragilise les enfants
Le docteur Fabien Kabongo, coordinateur médical adjoint de MSF au Nord-Kivu, explique que la poursuite des combats contraint les populations à fuir leurs foyers. « En fuyant, les familles perdent leurs terres agricoles, leurs revenus, leur nourriture, l’accès à l’eau potable ainsi qu’aux soins de santé », précise-t-il. Cette perte de repères et de ressources expose particulièrement les enfants à la malnutrition aiguë.
En 2025, 53 000 enfants malnutris avaient été traités dans les structures de santé soutenues par MSF en République démocratique du Congo. La prise en charge de ces enfants demeure l’un des volets essentiels de la réponse de l’organisation au Nord-Kivu, où les besoins ne cessent de croître.
Walikale, un territoire en situation d’urgence nutritionnelle
La situation est particulièrement préoccupante à Walikale. Une analyse menée en novembre 2025 par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’UNICEF y avait relevé un taux de malnutrition aiguë globale de 46 %, un niveau qualifié d’urgent. Ce chiffre signifie que près d’un enfant sur deux dans cette zone souffre de malnutrition aiguë, une condition qui affaiblit l’organisme et augmente le risque de maladies graves.
Face à cette réalité, MSF poursuit son appui aux structures de santé dans plusieurs zones du Nord-Kivu, notamment à Mweso, Walikale, Kibirizi, Masisi et Bambo. L’objectif est d’assurer la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et de fournir des soins ambulatoires aux patients qui peuvent être traités sans hospitalisation.
Une réponse médicale essentielle mais sous pression
La malnutrition aiguë sévère est une urgence médicale : sans traitement, elle peut entraîner des complications mortelles. Les structures soutenues par MSF offrent des soins nutritionnels thérapeutiques, qui combinent des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et un suivi médical régulier. Cette approche permet de traiter la majorité des enfants en ambulatoire, tout en réservant l’hospitalisation aux cas les plus critiques.
Dans un contexte de conflit prolongé, l’accès aux soins reste toutefois difficile. Les déplacements répétés, l’insécurité sur les routes et la faiblesse des revenus des ménages compliquent le suivi des patients. MSF insiste sur la nécessité de maintenir les programmes nutritionnels et de renforcer l’aide humanitaire pour éviter une détérioration supplémentaire de la situation.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
