Le lancement, lundi, des travaux de construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau à Kananga marque une étape décisive pour l’accès à l’eau potable dans le Kasaï-Central. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a officiellement donné le coup d’envoi de ce projet financé à hauteur de 160 millions de dollars américains par la Banque mondiale. L’infrastructure, qui sera érigée sur la rivière Lulua, vise à desservir plus de 60 000 ménages d’ici 2029, soit environ 1,5 million de personnes.
Ce chantier s’inscrit dans le Programme gouvernemental d’accès, de gouvernance et de réforme des secteurs de l’électricité et de l’eau. Il répond à une urgence sociale criante dans une ville où l’approvisionnement en eau potable demeure un défi quotidien depuis des décennies. La vétusté de l’usine de Kanyuka, confrontée à des pannes fréquentes et à une capacité limitée, ne permet plus de répondre aux besoins d’une population en croissance.
Une réponse à une crise sociale profonde
Le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu, a souligné les conséquences humaines de cette situation. « Derrière cette réalité se trouvent des femmes qui consacrent une grande partie de leur temps à la recherche de l’eau. Des enfants exposés à des conditions d’hygiène précaires. Et des structures sanitaires qui doivent composer avec un approvisionnement insuffisant », a-t-il expliqué. Ces mots traduisent l’ampleur d’un problème qui touche d’abord les plus vulnérables et pèse sur la santé publique.
La nouvelle usine doit capter l’eau de la rivière Lulua, la traiter, la stocker puis la distribuer dans plusieurs quartiers de Kananga. Le projet prévoit l’installation de 30 000 nouveaux branchements particuliers et de 266 bornes-fontaines. La moitié de ces bornes-fontaines sera gérée par des structures féminines, un choix qui pourrait renforcer l’autonomie économique des femmes et améliorer la gestion de proximité.
Un investissement structurant pour l’avenir
Le ministre Aimé Molendo Sakombi a insisté sur l’impact attendu : « On va impacter 60 000 ménages. Donc, un million cinq cent mille personnes pourront bénéficier enfin de l’eau potable à Kananga », a-t-il déclaré. Ce chiffre, s’il se confirme, transformerait le quotidien de près de la moitié de la population de la ville. L’accès à l’eau potable est en effet un levier essentiel pour la réduction des maladies hydriques et l’amélioration des conditions de vie.
Le financement de la Banque mondiale témoigne de la confiance des partenaires internationaux dans la capacité des autorités congolaises à mener à bien ce type d’infrastructure. Mais la réussite du projet dépendra de la rigueur dans l’exécution des travaux et de la transparence dans la gestion des fonds. Les citoyens de Kananga, qui attendent depuis si longtemps, seront les premiers juges de l’efficacité de cette initiative.
Un enjeu de gouvernance et de suivi citoyen
Au-delà de l’aspect technique, ce projet soulève une question de gouvernance. La construction d’une usine de cette envergure nécessite un suivi rigoureux pour éviter les retards et les dérives. Les autorités provinciales et nationales devront rendre des comptes sur l’avancement des travaux et l’utilisation des ressources. La population, elle, devra rester vigilante pour que les promesses se traduisent en actes concrets.
L’implication des structures féminines dans la gestion des bornes-fontaines est un signal positif. Elle pourrait favoriser une appropriation locale du service et une meilleure maintenance des installations. Mais cela suppose un accompagnement technique et financier adéquat, sans lequel ces structures risquent de se retrouver démunies face aux défis de la gestion quotidienne.
En définitive, le lancement de cette usine de traitement d’eau à Kananga est porteur d’espoir pour des centaines de milliers de personnes. Il reste à transformer cet espoir en réalité durable, en veillant à ce que les bénéfices de l’investissement profitent réellement aux plus démunis. La route est encore longue, mais le cap est désormais fixé.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
