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Ebola : le plan de l’OIM financé à 27 %, la surveillance sous pression

Le plan multinational de riposte et de préparation contre Ebola porté par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) n’est financé qu’à hauteur de 27 %. Sur les 110 millions de dollars demandés, seuls 29,6 millions ont été reçus, selon le rapport de l’organisation couvrant la période du 14 au 20 septembre. Ce déficit de plus de 80 millions de dollars concerne spécifiquement le plan de l’OIM, et non l’ensemble de la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins exposés au risque de propagation.

Concrètement, ce financement partiel met en lumière les besoins quotidiens des dispositifs de surveillance sanitaire. Un point de contrôle sanitaire doit pouvoir fonctionner chaque jour : il faut des agents pour examiner les voyageurs, du matériel de protection, des installations entretenues, mais aussi la capacité de transmettre une alerte et d’orienter une personne suspectée vers une structure de soins. Le rapport souligne également les besoins de connexion, d’approvisionnement et de coordination.

Des points d’entrée sous pression en Ouganda

L’Ouganda illustre l’ampleur des moyens humains mobilisés. L’OIM y soutient le déploiement de 141 agents de renfort du ministère de la Santé dans 27 points d’entrée. Des équipes assurent en parallèle la gestion des données. L’enjeu est de maintenir ces capacités dans la durée, alors que le rapport ne signale pas de fermeture de postes faute d’argent, mais appelle à poursuivre le soutien pour préserver les dispositifs déjà installés.

Ces points d’entrée sont stratégiques : ils permettent de contrôler les voyageurs qui franchissent les frontières, de détecter d’éventuels symptômes et de limiter la propagation du virus. Leur bon fonctionnement repose sur une chaîne logistique et humaine qui doit être financée régulièrement. Sans un appui constant, la qualité des contrôles pourrait se dégrader, augmentant le risque de passage inaperçu d’une personne contaminée.

Un financement à consolider pour la surveillance

Le déficit de financement ne se traduit pas encore par une interruption des contrôles, mais il fragilise la continuité des opérations. Les besoins identifiés par l’OIM portent sur le personnel, le matériel, l’entretien des installations et la transmission des alertes. Sans ressources complémentaires, la capacité à détecter rapidement un cas suspect et à éviter une propagation transfrontalière pourrait être compromise.

La surveillance sanitaire aux frontières est une activité continue : elle ne peut pas être suspendue sans conséquences. Chaque jour, des agents doivent être présents, formés et équipés. Les infrastructures doivent être maintenues en état, et les systèmes de communication doivent permettre de relayer rapidement une alerte vers les autorités sanitaires. Le rapport de l’OIM insiste sur ces aspects opérationnels, qui demandent un financement prévisible et durable.

Un plan distinct de la riposte globale

Il est important de distinguer le plan de l’OIM des autres financements de la riposte contre Ebola. Le rapport de l’organisation ne couvre que son propre plan multinational, qui inclut la RDC et les pays voisins. D’autres acteurs, comme le gouvernement congolais ou des organisations humanitaires, mènent des actions parallèles avec leurs propres budgets. Le déficit de l’OIM ne reflète donc pas l’état global du financement de la lutte contre l’épidémie.

Cette distinction est essentielle pour comprendre l’ampleur réelle des besoins. Le plan de l’OIM se concentre sur la mobilité humaine et les points de passage frontaliers, un maillon clé de la prévention. Son sous-financement ne signifie pas que les autres volets de la riposte sont également en difficulté, mais il met en évidence une fragilité spécifique dans la surveillance des déplacements de population.

A lire aussi : RDC : Ebola, choléra et rougeole, la riposte sanitaire s'ajuste ; RDC : plan de 1,3 milliard USD pour intensifier la riposte à Ebola

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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