À Kinshasa, l’occupation croissante des chaussées et des trottoirs par les activités de lavage automobile, de réparation de véhicules et de vulcanisation des pneus transforme le quotidien des usagers. Sur l’avenue de l’Abattoir, dans la commune de Masina, ces installations de fortune s’étendent jusque sur la voie publique, aggravant les embouteillages et exposant les piétons à des désagréments quotidiens.
Une pression grandissante sur l’espace public
Le phénomène, longtemps peu visible, connaît une expansion remarquable dans plusieurs artères de la capitale congolaise. Il attire de nombreux jeunes confrontés au chômage, en quête de revenus au quotidien. Mais derrière cette dynamique entrepreneuriale informelle se dessine une autre réalité : l’occupation anarchique de l’espace public, au détriment de la circulation, de la salubrité et de la sécurité des usagers.
Sur l’avenue de l’Abattoir, un axe routier délabré qui relie le croisement de l’avenue Sep Congo au boulevard Lumumba, la circulation est déjà difficile. Les installations de lavage et de réparation occupent une bonne partie de l’espace disponible. Les opérations se déroulent jusque sur la chaussée, dans un environnement marqué par l’insalubrité. L’eau usée, mélangée au sable, forme une couche de boue sur la bande de circulation. Les jets d’eau provoquent des flaques sur le macadam, entraînant sachets et bouteilles en plastique vers un caniveau déjà obstrué.
Des riverains exposés aux désagréments
Rodrigue, habitant du quartier Petro-Congo, déplore la prolifération de ces activités dans la commune de Masina. Il estime que les eaux déversées par les laveurs contribuent à la formation de mares dans plusieurs ruelles du quartier. Il garde notamment un mauvais souvenir d’un dimanche, lorsqu’un jet d’eau provenant d’un poste de lavage avait atteint sa chemise blanche alors qu’il se rendait à l’église. Il raconte avoir été tellement contrarié qu’il avait dû descendre de la moto pour exprimer sa colère, avant de finalement retourner à la maison pour changer de vêtement.
Une vendeuse, qui a souhaité garder l’anonymat et travaille dans une boutique située sur l’asphalte de l’avenue de l’Abattoir, met également en évidence l’occupation de la chaussée par les laveurs de vitres comme un facteur contribuant aux embouteillages. Elle s’indigne de voir ces pratiques se poursuivre sous le regard, selon elle, complaisant de certains éléments de la Police nationale congolaise. Elle dénonce le comportement des laveurs qui, selon elle, se permettent de mouiller les gens lorsque les embouteillages se forment, puis font semblant.
Les trottoirs accaparés par les stations de gonflage
À Kinshasa, les piétons éprouvent déjà d’énormes difficultés à se frayer un passage sur les principales artères, particulièrement aux heures de pointe. Les trottoirs, souvent trop étroits pour permettre à deux personnes de se croiser aisément, sont progressivement accaparés par les motos, mais aussi par les compresseurs d’air et les pneus entreposés aux abords des routes.
Le phénomène est également visible le long du boulevard Lumumba, l’artère principale reliant l’aéroport international de N’djili au centre de Kinshasa. Les compresseurs fonctionnent à longueur de journée et parfois même tard dans la soirée. Leurs moteurs vrombissent et des fumées noires s’échappent au-dessus de la chaussée. Ces installations, qui se multiplient de proche en proche et gagnent progressivement le centre-ville, soulèvent la question de l’encadrement des activités commerciales informelles et de la préservation des espaces destinés à la circulation.
Pour l’heure, aucune mesure de régulation visible n’a été constatée sur les sites observés. Selon plusieurs sources, certains exploitants de stations de gonflage, de car-wash et d’ateliers de réparation verseraient des pots-de-vin à des policiers afin de pouvoir poursuivre leurs activités sur des espaces qui ne leur sont pas destinés.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
