La maire ad intérim de Kikwit, Charlotte Lula, a officiellement demandé le rétablissement de deux postes de contrôle supprimés récemment aux entrées et sorties de la ville par les autorités de la 11ᵉ Région militaire. Cette requête, formulée samedi 3 octobre 2026 sur les ondes de la radio Tomisa du diocèse de Kikwit, met en lumière un conflit de compétences entre l’autorité urbaine et le commandement militaire, avec des conséquences directes sur la sécurité et les finances locales.
La décision de supprimer ces postes de contrôle, situés au camp Bikobo à l’entrée de la ville et à Sukantima à la sortie, a été prise par la 11ᵉ Région militaire sans concertation apparente avec la mairie. Charlotte Lula a invoqué des raisons sécuritaires et fiscales pour justifier sa demande de rétablissement. Selon elle, la suppression de ces postes rend plus difficile le contrôle des personnes, des véhicules et des marchandises entrant ou sortant de la ville, créant ainsi un vide dans la surveillance des flux.
Un manque à gagner estimé à 40 % pour la mairie
Au-delà de l’aspect sécuritaire, l’autorité urbaine a souligné l’impact financier de cette mesure. Charlotte Lula affirme que les recettes municipales auraient diminué d’environ 40 % depuis la suppression de ces postes. Cette baisse significative affecte directement la capacité de la mairie à financer les services publics locaux, dans une ville où les ressources sont déjà limitées. La maire ad intérim plaide ainsi pour un retour à la situation antérieure, estimant que ces postes contribuaient à la fois à la sécurité et à la collecte de taxes locales.
Un bras de fer institutionnel aux conséquences concrètes
Cette situation révèle un rapport de force entre l’autorité civile et l’autorité militaire, dont les prérogatives se chevauchent en matière de contrôle aux frontières urbaines. La demande de Charlotte Lula met en évidence la nécessité d’une coordination entre les institutions pour éviter que des décisions unilatérales ne pénalisent la population. En effet, la suppression de ces postes de contrôle pourrait avoir des répercussions sur la sécurité des habitants, qui se retrouvent avec moins de filtres aux entrées et sorties de la ville, et sur les finances locales, déjà fragiles.
La maire ad intérim n’a pas précisé si des discussions étaient en cours avec la 11ᵉ Région militaire pour résoudre ce différend. Sa prise de parole publique sur une radio diocésaine indique toutefois une volonté de porter le débat devant l’opinion, dans l’espoir de faire pression sur les autorités militaires. Reste à savoir si cette demande aboutira à un rétablissement effectif des postes de contrôle, ou si elle restera lettre morte, laissant la ville de Kikwit dans une situation de vulnérabilité accrue.
A lire aussi : Kwilu : 185 policiers promus à Kikwit, appel à lutter contre le Kuluna ; Kikwit, Kwilu : l'ECiDé obtient la libération de six militants arrêtés
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
