Dans le groupement Bukoma, en territoire de Rutshuru, l’école primaire Kahunga Village ne compte que deux salles de classe. Cette situation contraint des dizaines d’enfants de Kahunga et Karama à interrompre leur scolarité après la deuxième année primaire, faute d’infrastructures suffisantes pour poursuivre leur cursus sur place. L’abandon scolaire devient alors une conséquence directe d’un déficit d’équipements publics dans cette zone rurale du Nord-Kivu.
Une offre scolaire limitée à deux salles de classe
L’établissement, extension de l’EP Kahunga basée à Kiwanja, fonctionne depuis environ dix ans avec des salles construites grâce à des moyens locaux. Située à environ sept kilomètres au nord de Kiwanja, l’école accueille cette année 70 élèves venus notamment de Kahunga et de Karama, selon Kambale Sikuli Justin, l’enseignant responsable de cette école. Après la deuxième année primaire, les enfants doivent se rendre dans d’autres établissements pour continuer leurs études. Cette rupture dans le parcours scolaire intervient à un âge où les bases de l’apprentissage ne sont pas encore consolidées, ce qui fragilise durablement les chances de réussite des élèves.
Des distances qui pèsent sur les familles
Les élèves de Kahunga parcourent environ cinq kilomètres pour rejoindre une autre école, tandis que ceux de Karama peuvent effectuer jusqu’à dix kilomètres à pied chaque jour. Cette longue distance constitue un obstacle pour plusieurs familles. Des parents préfèrent garder leurs enfants à la maison, notamment en raison des risques liés aux déplacements quotidiens. La crainte de voir un enfant marcher seul sur des routes peu sûres pousse ainsi des ménages à renoncer à l’éducation, même lorsque la volonté d’apprendre existe. L’éloignement des établissements secondaires transforme une simple contrainte logistique en un facteur d’exclusion scolaire.
Un appel à l’État et aux partenaires
Kambale Sikuli Justin, enseignant responsable de l’école, appelle à la construction de nouvelles salles de classe et à l’affectation d’un enseignant pris en charge par l’État. « Nous demandons aux partenaires de nous venir en aide pour voir comment construire les classes là pour aider ces enfants, et que le gouvernement fasse tout pour trouver un enseignant pris en charge », plaide-t-il. Pour Kavusa Hilaire, président du comité des parents, les longues distances parcourues par les élèves préoccupent également les familles. Il appelle les autorités à intervenir afin de permettre aux enfants de Kahunga et Karama de poursuivre leur scolarité dans des conditions plus proches de leur lieu d’habitation. Ces demandes répétées traduisent une attente forte envers les pouvoirs publics, perçus comme les garants de l’égalité d’accès à l’éducation sur l’ensemble du territoire.
La situation de l’école Kahunga Village illustre les difficultés d’accès à l’éducation dans certaines zones rurales du Nord-Kivu. L’absence de salles de classe supplémentaires et d’enseignants affectés par l’État limite les possibilités de scolarisation des enfants au-delà du premier cycle primaire. Les appels répétés des acteurs locaux soulignent la nécessité d’une intervention publique pour renforcer les infrastructures scolaires dans cette partie du territoire de Rutshuru. Sans une réponse concrète, le risque est de voir se perpétuer un cycle où les enfants des villages les plus reculés restent privés des compétences de base nécessaires à leur avenir.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
