La République démocratique du Congo a porté, mardi 29 septembre, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ses accusations contre le Rwanda dans le dossier des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Lors de cette réunion présidée par la France, l’ambassadeur congolais Zénon Mukongo Ngay a dénoncé ce qu’il qualifie d’obstacles posés par Kigali au processus de désarmement et de cantonnement de ce groupe armé, tout en réaffirmant l’engagement de Kinshasa à honorer l’accord de Washington.
Un différend sur la nature des FDLR et leur lien avec l’armée congolaise
Le représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU a d’abord contesté les accusations rwandaises selon lesquelles les Forces armées de la RDC collaboreraient avec les FDLR et les combattants Wazalendo. Il a rappelé que les membres des FDLR sont des Rwandais, et non des Congolais. « Ce sont des Rwandais qui ont quitté leur pays à la suite de l’intolérance qui règne justement dans ce pays-là », a-t-il déclaré. Selon lui, les FDLR sont des Hutus qui ont fui le Rwanda après 1994 et vivent clandestinement en RDC. Il a qualifié de « fausseté totale » l’idée d’une collaboration entre ce groupe et l’armée congolaise.
Le processus de désarmement au cœur des tensions diplomatiques
L’accord de Washington, signé le 27 juin 2025, prévoit la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. L’ambassadeur congolais a affirmé que Kinshasa poursuivait le processus de désarmement, de cantonnement et de retour des combattants. Mais il a accusé Kigali de faire obstruction. « Toutes les fois qu’on évolue sur ce plan-là, le Rwanda plante des obstacles », a-t-il dénoncé. Il a également évoqué des rapports du Groupe d’experts des Nations unies selon lesquels des FDLR rapatriés auraient été « recyclés, reformés, retravaillés et renvoyés » en RDC pour combattre l’armée congolaise.
La question du retour des combattants et de la protection des rwandophones
Zénon Mukongo Ngay a accusé Kigali de ne pas vouloir le retour des FDLR au Rwanda. Selon lui, le Rwanda refuse le cantonnement des combattants qui ont accepté de rendre les armes, soit pour les recycler et les renvoyer en RDC, soit pour exiger leur élimination physique. « Nous ne sommes pas habitués à voir le sang humain », a-t-il lancé, tout en assurant que la RDC continuerait le désarmement conformément à l’accord de Washington. Sur la protection des populations rwandophones en RDC, il a affirmé que celles-ci sont des Congolais et que leurs problèmes relèvent de l’administration congolaise, et non rwandaise.
Un accord fragilisé par des lectures divergentes
Le protocole relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des FDLR annoncé par Kinshasa est contesté par Kigali, qui le qualifie de « non-événement » et accuse la RDC de ne pas respecter ses engagements. Pour Kinshasa, cette démarche vise à priver le Rwanda de l’argument de la présence des FDLR pour justifier le maintien de ses forces en RDC. Plus d’un an après la signature de l’accord de Washington, la neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives rwandaises n’ont pas enregistré d’avancées suffisantes, selon les faits rapportés lors de cette réunion du Conseil de sécurité.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
