Près d’un tiers des mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens d’Afrique de l’Ouest et centrale sont menacés d’extinction en raison d’une chasse non durable, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ce constat, publié en 2026 dans le document Des forêts pour l’alimentation : nourrir les populations, préserver la planète, met en lumière un déséquilibre croissant entre les besoins alimentaires des populations et la survie de la faune sauvage.
La FAO s’appuie sur des données régionales et sur les évaluations de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Le rapport indique qu’environ 31 % des mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens sont menacés d’extinction dans la région à cause d’une chasse non durable. Cette pression s’explique en grande partie par la commercialisation croissante de la viande sauvage.
Une viande sauvage de plus en plus vendue
La proportion des prises de chasse vendues est passée de 34 % en 1991 à 74 % en 2020, parallèlement à une hausse de la part des animaux abattus avec des armes à feu. Une méta-analyse portant sur 83 sites d’Afrique de l’Ouest et centrale a recensé plus de 140 espèces appartenant à 33 ordres parmi les animaux chassés. Les mammifères représentaient 93 % de la biomasse prélevée et, en moyenne, 57 % des prises étaient destinées à la vente.
Une part importante de cette viande est acheminée vers les grandes villes, où elle est généralement consommée comme un produit de luxe ou pour sa valeur culturelle et sociale. Ce commerce urbain accentue la pression sur les espèces sauvages, car il transforme une activité de subsistance en une filière économique à part entière.
Un indicateur de raréfaction écologique
Un autre indicateur témoigne de l’appauvrissement de la faune. Le rapport entre les rongeurs et les ongulés dans les prises est passé de 2,5 à 17,1 entre 1991 et 2020. Cette hausse signifie que les chasseurs capturent proportionnellement davantage de petits animaux que de grands mammifères. Ce ratio est utilisé comme indicateur de raréfaction écologique des espèces de grande taille.
Autrement dit, lorsque les grands animaux deviennent rares, les chasseurs se rabattent sur des espèces plus petites, ce qui modifie la composition des captures et signale un déséquilibre dans les écosystèmes forestiers.
Un enjeu alimentaire pour les communautés rurales
La pression sur la faune intervient toutefois dans une région où la viande sauvage demeure une importante source de nourriture et de revenus. Dans les communautés forestières rurales, elle peut fournir des protéines et servir de filet de sécurité lorsque les récoltes échouent ou que les autres sources d’alimentation diminuent.
Dans le bassin du Congo, qui comprend une grande partie de la République démocratique du Congo, environ cinq millions de tonnes de viande sauvage sont consommées chaque année, selon les estimations citées par la FAO. Le rapport met ainsi en évidence un double enjeu : réduire une chasse devenue insoutenable pour certaines espèces sans supprimer brutalement une ressource alimentaire dont dépendent encore des populations rurales pauvres.
Les données sur les 31 % d’espèces menacées et sur l’évolution des prises concernent l’Afrique de l’Ouest et centrale dans son ensemble. Elles ne constituent pas une estimation propre à la RDC. Toutefois, elles rappellent que la conservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire sont étroitement liées dans cette partie du continent.
A lire aussi : Santé en RDC : une consultation pour préparer le CPF 2027-2036 ; RDC : 190e sur 195 pour convertir ses ressources en richesse
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
