Le différend entre Héritier Luvumbu et l’AS V.Club porte sur plus de 60.000 dollars américains d’arriérés de salaire. Le joueur réclame 62.500 USD, tandis que le club renvoie la responsabilité du paiement vers la Présidence de la République. Ce litige met en lumière les conditions particulières du retour du footballeur en RDC après son départ du Rwanda.
Un contrat signé, une prise en charge contestée
Le 1er juillet 2024, Héritier Luvumbu signe un contrat de deux saisons avec l’AS V.Club. Le document prévoit un salaire mensuel de 5.000 USD et une prime de signature de 15.000 USD. Mais selon une source interne au club, confirmée par la direction de la communication des Dauphins Noirs, le montage financier ne reposait pas sur les caisses de V.Club. « V.Club est allé voir le ministre à son bureau. Il fallait lui accorder un contrat dont le salaire devait être pris en charge par la Présidence », affirme cette source.
Le joueur avait été reçu par le ministre des Sports de l’époque, François Kabulo Mwana Kabulo, après son départ du Rayon Sports au Rwanda. Son geste de célébration, main devant la bouche et doigts pointés vers la tempe, avait attiré l’attention sur les violences dans l’Est de la RDC. Amadou Diaby, alors président de coordination de V.Club, était également impliqué dans les discussions.
Un financement interrompu après un changement de direction
Au début de la collaboration, une enveloppe provenant de la Présidence de la République est mise à disposition pour assurer la rémunération de Luvumbu. Le mécanisme fonctionne pendant un temps. Mais en avril 2025, Amadou Diaby quitte la présidence de V.Club. Après son départ, les fonds destinés au joueur ne parviennent plus au club.
Flory Mapamboli prend alors les commandes et continue à payer Luvumbu sur les ressources de V.Club. « Quand Amadou démissionne, la Présidence n’a plus envoyé d’enveloppe. Mais Flory a continué à payer Luvumbu pendant plusieurs mois », précise la source interne. Quatre mois de salaire auraient ainsi été pris en charge par le club. Les difficultés financières finissent par rattraper le dossier et les rémunérations ne suivent plus régulièrement.
Une mise en demeure et des lectures opposées
En janvier 2026, la situation salariale de Luvumbu est portée sur la place publique. Le joueur entreprend des démarches auprès du ministère des Sports et Loisirs, qui lui remet une somme d’argent. Mais le contentieux n’est pas réglé. Le 6 août 2026, son avocat, Me Thomas Joseph Bodiong, adresse une mise en demeure à l’AS V.Club. Le joueur réclame 62.500 USD, dont 55.000 USD pour onze mois de salaires impayés et 7.500 USD pour la seconde moitié de la prime de signature.
Pour Luvumbu et son conseil, le contrat porte le nom de V.Club et les sommes réclamées découlent des engagements financiers qui y figurent. Du côté du club, l’approche est différente. La source interne estime que c’est la Présidence de la République qui devait assurer la prise en charge financière, compte tenu des circonstances particulières du transfert. Elle rappelle l’intervention personnelle du président Félix Tshisekedi dans le retour du joueur et résume : « Mais son dossier, c’est la Présidence qui l’a géré, ce n’est pas nous. » Elle va plus loin en qualifiant ce recrutement de « politique ».
La Présidence reste silencieuse
La question de la prise en charge des 62.500 USD reste entière. V.Club renvoie le dossier vers la Présidence de la République, qu’il présente comme responsable du paiement du salaire de Luvumbu. Jusqu’ici, la Présidence ne s’est pas exprimée publiquement sur cette affaire. Le litige pourrait connaître de nouveaux développements si les autorités décident de clarifier leur position.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Eventsrdc
