Le président Félix Tshisekedi a exprimé ses regrets à Brazzaville, samedi 3 octobre 2026, après les incidents armés survenus le 26 août dans la zone de l’île Makoloko, à la frontière fluviale entre la République démocratique du Congo et la République du Congo. En visite de travail, le chef de l’État congolais a réaffirmé sa volonté de préserver les relations historiques entre les deux pays.
Une démarche de décrispation diplomatique
Accueilli par son homologue Denis Sassou Nguesso au Palais présidentiel de Brazzaville, Félix Tshisekedi a expliqué que son déplacement visait à contribuer à la décrispation de la situation et à éviter que cet incident ne fragilise davantage les relations bilatérales. Il a insisté sur la proximité historique et humaine entre les populations des deux rives du fleuve Congo. « Le peuple du Congo-Brazzaville et celui du Congo-Kinshasa sont un même peuple. Et c’est totalement erroné et insensé d’en venir à de tels incidents », a déclaré le président congolais.
Des échanges techniques pour prévenir de nouveaux incidents
Pour prévenir la répétition de pareils événements, le président congolais a associé à sa démarche les vice-Premiers ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense. Ces derniers ont été chargés de poursuivre les échanges avec leurs homologues de la République du Congo afin de clarifier les circonstances des événements et de dégager des mécanismes susceptibles d’empêcher de nouveaux dérapages.
Une indemnisation envisagée pour les victimes
Dans le cadre de cette démarche d’apaisement, Félix Tshisekedi s’est également engagé à rencontrer les personnes affectées par les événements de l’île Makoloko. Cette rencontre devrait permettre d’examiner les modalités d’une éventuelle indemnisation prise en charge par la RDC, sur la base des conclusions qui seront contenues dans le rapport élaboré conjointement par les délégations des deux pays.
Retour sur l’incident du 26 août
Les incidents remontent au jeudi 26 août, lorsqu’un affrontement avait opposé des éléments des forces de sécurité des deux Congo dans la zone de l’île Makoloko, située entre Makotimpoko, du côté de la République du Congo, et Yumbi, en RDC. Selon les éléments rapportés sur cet incident, une patrouille fluviale mixte regroupant des gendarmes et des marins de la République du Congo avait été impliquée dans un incident au cours duquel l’un de ses membres avait fait usage de son arme. Le tir avait provoqué la mort d’un jeune garçon. La situation avait ensuite dégénéré avec l’intervention d’éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui auraient tenté d’intercepter la patrouille. Deux militaires de la République du Congo avaient alors été capturés par les forces congolaises avant d’être remis en liberté quelques jours plus tard.
À Brazzaville, la démarche de Félix Tshisekedi vise ainsi à tourner la page de cet épisode tout en privilégiant le dialogue entre Kinshasa et Brazzaville. Les travaux engagés par les délégations des deux pays devraient permettre d’établir les responsabilités, de déterminer les mesures appropriées et de renforcer la coopération entre les forces de sécurité opérant le long de la frontière fluviale.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
