L’Assemblée nationale veut faire la lumière sur l’utilisation des fonds publics engagés pour l’achat de bateaux de pêche par le gouvernement congolais. Cette volonté de contrôle fait suite aux déclarations du ministre de la Pêche, Jean-Pierre Tshimanga, qui a reconnu des manquements graves dans ce dossier lors de l’exercice de redevabilité du gouvernement Suminwa II, consacré à sa première année d’action.
Sur la chaîne de télévision nationale, le ministre a affirmé que les embarcations commandées en Égypte et en Espagne, et déjà livrées à la RDC, ne sont pas adaptées aux réalités du pays. Il a notamment évoqué les conditions particulières de la côte maritime congolaise et la force des courants marins. « Les courants d’eau en RDC sont très forts et la côte maritime ne s’étend que sur 42 km », a-t-il rappelé.
Une commande inadaptée aux besoins réels
Selon Jean-Pierre Tshimanga, l’appel d’offres initial a conduit à commander des bateaux relevant de la même catégorie, sans distinguer les types d’embarcations nécessaires selon les zones et les conditions de pêche. Il aurait fallu prévoir des catégories différentes correspondant aux besoins spécifiques de la RDC. Cette erreur a eu pour conséquence l’arrivée de bateaux mal calibrés pour exploiter efficacement les ressources halieutiques.
Le ministre a également souligné que les équipements fournis, notamment les senneurs, ne répondent pas aux attentes opérationnelles, en particulier pour la pêche en profondeur. Selon lui, les bateaux livrés correspondraient davantage à une logique inadaptée, et la priorité est désormais de disposer des chalutiers nécessaires pour la pêche en profondeur.
Un processus lancé en 2021
Le processus d’acquisition remonte à décembre 2021. Dans une correspondance adressée au Premier ministre de l’époque, Sama Lukonde, l’ex-ministre Adrien Bokele sollicitait la constitution d’une provision de 15 millions USD pour l’acquisition urgente de six bateaux de pêche. La demande concernait deux chalutiers destinés à la côte maritime et quatre petites embarcations pour les eaux intérieures. Deux de ces bateaux devaient être affectés aux lacs Tanganyika et Albert, tandis que les deux autres étaient destinés au système du fleuve Congo.
Quelles conséquences pour les citoyens ?
Ces révélations soulèvent des questions sur la gestion des deniers publics et l’efficacité des investissements dans le secteur de la pêche. Pour les citoyens congolais, l’enjeu est de savoir si ces dépenses ont réellement servi à améliorer la production halieutique et les conditions de vie des pêcheurs. L’Assemblée nationale, en cherchant à clarifier l’usage des fonds, pourrait contribuer à renforcer la redevabilité et à éviter que de telles erreurs ne se reproduisent.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
