Les opérations militaires contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans le Nord-Kivu s’accompagnent d’une pression accrue sur les civils, selon un rapport du secrétaire général de l’ONU consulté par RFI. Le document, qui couvre la période récente, décrit des violences attribuées à la fois à l’AFC/M23 et aux FDLR, avec des conséquences directes sur les populations de plusieurs territoires. Alors que Kinshasa défend un processus de désarmement des FDLR, ce groupe armé rwandais reste impliqué dans les violences au Nord-Kivu, et le rapport décrit notamment des opérations de l’AFC/M23 contre ses combattants.
Des opérations à Masisi et leurs conséquences humaines
Dans le territoire de Masisi, l’AFC/M23 a mené des opérations contre des éléments des FDLR et du groupe Nyatura. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, évoque au moins 60 corps qui auraient été découverts le 17 juin après ces opérations. Le rapport ne précise pas combien de ces victimes étaient des combattants. Il souligne toutefois que les opérations contre les FDLR continuent de viser systématiquement des civils, provoquant des morts et des déplacements. Cette situation illustre la complexité du conflit, où les affrontements entre groupes armés ont des répercussions directes sur les habitants, souvent pris au piège des violences.
Les exactions des FDLR à Rutshuru et ailleurs
Du côté des FDLR, les exactions se concentrent surtout à Rutshuru, mais touchent aussi Masisi, Nyiragongo et Walikale. Des responsables communautaires et des personnes soupçonnées de collaborer avec l’AFC/M23 sont notamment visés. Le rapport mentionne des assassinats ciblés, des disparitions forcées, des extorsions et des enlèvements. Selon l’ONU, depuis le 20 juin, les FDLR ont été impliquées dans au moins 44 cas d’atteintes aux droits humains et incidents de protection, touchant 89 victimes, dont quinze exécutions sommaires. Ces chiffres témoignent de la gravité des violations commises dans ces zones, où les civils sont exposés à des risques constants.
Intensification des combats à Masisi et Walikale
Les combats se sont intensifiés à Masisi et Walikale en août et septembre. Ils opposent l’AFC/M23 à plusieurs groupes armés. Cette dynamique aggrave la situation sécuritaire dans des zones déjà fragiles, où les populations subissent les conséquences des affrontements et des exactions. Le rapport de l’ONU documente ainsi une confrontation qui ne se limite pas aux combattants, mais affecte directement les habitants du Nord-Kivu. Les déplacements forcés et les pertes en vies humaines s’ajoutent aux difficultés quotidiennes des communautés locales, déjà éprouvées par des années de conflit.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
