La réaction de Kinshasa à l’intervention du représentant permanent du Rwanda auprès des Nations unies, Martin Karoli Ngoga, devant le Conseil de sécurité, le 29 septembre 2026, met en lumière un différend persistant sur la question des communautés et des groupes armés dans l’Est de la RDC. Jacques Kongolo, conseiller et chargé de mission du président Félix Tshisekedi, conteste la légitimité du diplomate rwandais à s’exprimer au nom des populations congolaises, et rejette l’usage du terme « Rwandophones » pour désigner certaines communautés.
Une contestation de la terminologie et du mandat
Selon Jacques Kongolo, Martin Ngoga ne dispose d’aucun mandat pour parler au nom des différentes communautés de l’Est de la RDC. Le conseiller présidentiel estime que l’utilisation du terme « Rwandophones » relève d’une lecture politique qui ne correspond pas à une appellation communautaire officiellement reconnue en RDC. Cette position intervient alors que le représentant rwandais a insisté, devant le Conseil de sécurité, sur la question des FDLR et sur les préoccupations sécuritaires liées aux communautés congolaises rwandophones.
La question des FDLR au cœur des échanges
Martin Ngoga a appelé à la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et à la mise en œuvre des engagements prévus dans le processus de Washington. En réponse, Jacques Kongolo affirme que plusieurs positions attribuées aux FDLR se trouvent, selon les informations dont disposent les autorités congolaises, dans des zones contrôlées par l’armée rwandaise et ses alliés. Il cite notamment les dispositions prévues concernant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants.
Une stabilité revendiquée dans les hauts plateaux
Sur la question des Banyamulenge dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira, Jacques Kongolo affirme, sur la base d’une mission qu’il dit avoir effectuée à Bibokoboko, que la situation y serait actuellement stable. Il assure que les différentes communautés y poursuivent leurs activités et entretiennent des relations de coexistence. Il évoque également la situation à Uvira, où, selon lui, la communauté Banyamulenge cohabite avec les autres communautés locales sans difficultés sécuritaires particulières.
Des accusations de déstabilisation et un appel à la souveraineté
Jacques Kongolo rejette l’idée selon laquelle la question identitaire en RDC nécessiterait une intervention extérieure. Il cite plusieurs autres provinces et villes du pays où, affirme-t-il, les différentes communautés vivent sans conflit lié à cette question. Le conseiller présidentiel accuse par ailleurs le Rwanda de chercher à influencer certains milieux en RDC dans le but, selon lui, de fragiliser le tissu social congolais. Des accusations qui s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions entre Kinshasa et Kigali, alors que les deux pays sont engagés dans des processus diplomatiques, notamment les discussions de Washington et de Doha.
Concernant les territoires du Nord-Kivu sous contrôle du M23-AFC, Jacques Kongolo affirme que les populations continuent de dénoncer des violences qu’elles attribuent aux forces rwandaises et à leurs alliés. Il appelle, à cet effet, le représentant du Rwanda à consulter les rapports des organisations internationales consacrés aux violations des droits humains dans l’Est de la RDC. Pour Jacques Kongolo, les communautés congolaises n’ont pas besoin d’une présence militaire étrangère pour résoudre leurs problèmes. Il défend ainsi la souveraineté de la RDC et estime que les questions internes au pays doivent être réglées par les Congolais eux-mêmes.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
