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L’ONU exige des facilitateurs neutres au dialogue national à Kinshasa

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, James Swan, a posé mardi devant le Conseil de sécurité des conditions précises au dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Lors de son briefing trimestriel sur la situation dans le pays, le chef de la MONUSCO a insisté sur la nécessité d’une facilitation impartiale et d’un ordre du jour élargi, au-delà de la seule crise sécuritaire dans l’Est.

Un cadre onusien pour le dialogue national

Devant les membres du Conseil de sécurité, James Swan a salué l’initiative présidentielle, tout en rappelant les exigences minimales pour sa crédibilité. « Il y a un large consensus sur la nécessité d’un dialogue national », a-t-il constaté, avant de préciser que ce processus devait être « inclusif, garantissant une large participation, conduit par des facilitateurs bénéficiant de la confiance de l’ensemble des parties prenantes et permettant d’aborder en profondeur les priorités nationales les plus urgentes ».

Cette formulation, lourde de sens dans le lexique onusien, écarte de fait un dialogue organisé et conclu par la seule présidence. Depuis l’annonce faite en août par Félix Tshisekedi, l’opposition, une partie de la société civile et les confessions religieuses – la CENCO et l’ECC – redoutent un cadre verrouillé, centré sur l’unité nationale face à la guerre et au soutien du Rwanda à l’AFC/M23, sans aborder les questions de gouvernance, de réformes institutionnelles ou d’espace civique.

La neutralité des facilitateurs comme condition de participation

En exigeant des facilitateurs acceptés par toutes les parties, la MONUSCO reprend à son compte la principale revendication des acteurs politiques et sociaux. Sans arbitre neutre, pas de participation de l’opposition ; sans cette participation, la crédibilité du dialogue serait compromise. L’histoire récente du pays le confirme : de Sun City en 2002 à la Cité de l’Union africaine en 2016, chaque dialogue n’a tenu que lorsque la facilitation était perçue comme équilibrée.

James Swan a également exhorté les autorités et l’ensemble des Congolais à « préserver l’espace civique, à garantir les libertés fondamentales et à faire preuve de retenue et de tolérance politique ». Ce rappel fait écho à son précédent briefing de juin, au cours duquel il avait déjà appelé à garantir la liberté d’expression et de réunion, alors que le siège de la CENCO venait d’être pris pour cible par des sympathisants du pouvoir à Kinshasa.

Un ordre du jour élargi aux priorités nationales

Le chef de la MONUSCO a volontairement élargi le périmètre des discussions. En évoquant les « divergences politiques persistantes sur la gouvernance » et la nécessité d’aborder « les priorités nationales les plus urgentes », il ne limite pas le dialogue à la seule question sécuritaire. Il s’agit aussi de traiter les causes internes de la crise, dont la réforme du secteur de la sécurité.

Cette position permet à la Mission, dont le rôle militaire se réduit et qui se recentre sur l’appui au mécanisme de vérification du cessez-le-feu, de justifier son utilité politique. James Swan a d’ailleurs discuté de ce dossier à Kinshasa avec le ministre de la Défense, Guy Kabombo, lors de sa récente tournée régionale au Burundi, en Ouganda et au Rwanda.

La question de l’arbitrage reste ouverte

Reste la question la plus difficile : qui pourrait être ce facilitateur capable de rassurer l’ensemble des parties ? Ni l’ONU seule, dont une partie de l’opinion se méfie, ni l’Union africaine seule ne semblent en mesure de remplir ce rôle. La formule qui circule à Kinshasa évoque un collège mixte, associant les Églises et deux ou trois personnalités africaines respectées.

Faute de consensus sur l’arbitre, les assises annoncées risquent de rester stériles. Le calendrier est contraint : le mandat de la MONUSCO expire en décembre 2026, et le temps politique est compté pour organiser un dialogue crédible avant cette échéance.

A lire aussi : Dialogue national : l'AP et Ados Ndombasi convergent à Kinshasa ; Dialogue national : l'opposition à Beni exige des garanties

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: mediacongo.net

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