AccueilActualitéEnvironnementIrumu : le calendrier des pluies perturbe les récoltes

Irumu : le calendrier des pluies perturbe les récoltes

À Walese-Vonkutu et Basili, dans le territoire d’Irumu, les repères agricoles vacillent. Les pluies n’arrivent plus aux moments attendus. Les semis se décalent, les champs souffrent, et les producteurs de maïs, haricots, tomates et choux doivent composer avec un calendrier devenu illisible.

Des saisons qui ne répondent plus

Kavira Martine, agricultrice, décrit une rupture nette avec les pratiques d’autrefois. « Avant, nous pouvions mieux connaître les périodes de pluie et organiser nos travaux. Aujourd’hui, les saisons changent et cela nous complique beaucoup le travail. Nous plantons le maïs, les haricots, les tomates et les choux, mais les conditions climatiques ne sont plus les mêmes », explique-t-elle. Les pluies tardives ou trop concentrées sur de courtes périodes favorisent, selon les producteurs, l’apparition de maladies, l’excès d’eau et la dégradation des sols.

Dans ces deux chefferies de l’Ituri, l’agriculture rythme la vie quotidienne. Les semis et l’entretien des champs dépendaient autrefois d’un calendrier pluviométrique relativement stable. Aujourd’hui, l’incertitude s’installe. Les producteurs doivent improviser, parfois semer plus tard, parfois voir leurs jeunes plants submergés par des pluies brutales. Cette instabilité complique chaque étape du travail agricole, de la préparation du sol à la récolte.

Des revenus familiaux sous pression

La baisse de production touche directement les ménages. Les quantités disponibles pour la consommation diminuent, et l’approvisionnement des marchés locaux s’en ressent. Dans ces communautés où l’agriculture constitue une source importante de nourriture et de revenus, les variations de production peuvent peser sur les conditions de vie des familles rurales.

Pour de nombreux foyers, la vente du maïs, des haricots, des tomates ou des choux représente une part essentielle des ressources. Lorsque les récoltes sont mauvaises, les revenus baissent, et les dépenses courantes deviennent plus difficiles à couvrir. Les producteurs interrogés évoquent une pression croissante sur leur capacité à subvenir aux besoins de leur famille, sans pour autant disposer de solutions immédiates.

Adapter les pratiques au nouveau climat

Kambale Muhembe, agronome, insiste sur la nécessité d’accompagner les producteurs. « Le changement climatique perturbe le calendrier agricole. Les agriculteurs doivent être accompagnés pour mieux choisir les périodes de semis, protéger leurs sols et adopter des techniques qui permettent aux cultures de mieux résister aux variations climatiques », indique-t-il. Kasereka Kalwahali, expert en gestion du patrimoine, appelle à préserver les terres agricoles et les ressources naturelles, tout en soutenant l’adaptation des communautés.

L’adaptation passe par des gestes concrets : mieux choisir les dates de semis, protéger les sols contre l’érosion, diversifier les cultures ou encore utiliser des variétés plus tolérantes aux stress hydriques. Mais ces changements demandent un appui technique et financier que les agriculteurs ne peuvent pas toujours mobiliser seuls. L’accès à l’information météorologique apparaît comme un levier essentiel pour anticiper les aléas et limiter les pertes.

Des pistes pour limiter les pertes

Les personnes interrogées recommandent de renforcer la sensibilisation des agriculteurs, l’accès aux informations météorologiques et la promotion de techniques agricoles adaptées. Ces mesures pourraient contribuer à limiter les pertes et à maintenir la production. À Irumu, les producteurs de Walese-Vonkutu et Basili cherchent ainsi à préserver leurs cultures malgré l’évolution des conditions climatiques.

La préservation des ressources naturelles est également au cœur des préoccupations. Protéger les terres agricoles, éviter leur dégradation et maintenir la fertilité des sols sont des enjeux de long terme pour ces communautés rurales. Sans un accompagnement renforcé, les difficultés actuelles risquent de s’aggraver, fragilisant davantage la sécurité alimentaire et les revenus des ménages agricoles de la région.

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Article Ecrit par Miché Mikito

Source: mediacongo.net

Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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