À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, les motocyclistes expriment une inquiétude croissante face à des contrôles qu’ils qualifient d’abusifs, des confiscations de motos et une multiplication des taxes. Plusieurs témoignages recueillis auprès des acteurs du secteur font état de saisies d’engins sans restitution, ainsi que d’une absence de mécanismes clairs pour contester ces décisions.
Des saisies sans procédure de recours identifiée
Les conducteurs affirment être régulièrement soumis à des opérations de vérification de leurs documents et de leurs engins. Dans certains cas, les motos seraient confisquées et ne seraient plus rendues à leurs propriétaires. Les personnes concernées déplorent l’absence de voies de recours clairement identifiées pour introduire une réclamation ou contester une décision de saisie. Cette situation crée un sentiment d’impuissance chez les motocyclistes, qui ne savent pas vers qui se tourner pour récupérer leurs biens ou faire valoir leurs droits.
Le poids des taxes fragilise les revenus
Au-delà des confiscations, les transporteurs dénoncent plus largement le poids des taxes et prélèvements auxquels ils seraient soumis dans l’exercice de leur activité. Ils estiment que cette situation réduit considérablement leurs revenus et fragilise davantage un secteur déjà confronté aux difficultés économiques et sécuritaires. La multiplication des prélèvements, sans justification claire, pèse sur la rentabilité de leur travail quotidien et limite leur capacité à subvenir aux besoins de leurs familles.
Des responsables associatifs critiqués pour leur silence
Les critiques touchent également certaines organisations censées défendre les intérêts des transporteurs. Des membres de la profession reprochent à plusieurs responsables associatifs d’être devenus moins actifs dans la dénonciation des abus depuis leur rapprochement avec les autorités de l’AFC/M23. Un responsable associatif, sous couvert d’anonymat, témoigne : « Ceux qui étaient censés nous défendre ferment désormais les yeux sur les abus. Les taxes et le racket sont en train d’asphyxier le secteur du transport ». Ce constat met en lumière une défiance grandissante envers les structures de représentation, perçues comme déconnectées des réalités du terrain.
Une demande de transparence et de clarification
Pour les transporteurs, la question dépasse désormais le simple problème des contrôles. Ils réclament davantage de transparence sur les taxes imposées, la clarification des procédures de saisie ainsi que la possibilité pour les personnes concernées de contester les décisions prises à leur encontre. Ces témoignages traduisent le malaise grandissant d’une partie des acteurs du transport à Bukavu, qui souhaitent voir leurs conditions de travail mieux encadrées et leurs droits davantage pris en compte. La résolution de ces problèmes apparaît comme une condition essentielle pour restaurer la confiance et assurer la viabilité du secteur.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
