AccueilActualitéSecuritéOIF : la RDC défend la candidature de Juliana Amato Lumumba

OIF : la RDC défend la candidature de Juliana Amato Lumumba

La course au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’intensifie. La candidature de Juliana Amato Lumumba, annoncée officiellement le 26 février 2026 par le gouvernement congolais, s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre Kinshasa et Kigali. Le communiqué du ministère de la Communication et des Médias fixe l’ambition : « contribuer au renouveau et au rayonnement de l’espace francophone ».

La République démocratique du Congo, premier pays francophone par sa population, entend faire valoir sa légitimité démographique et culturelle. Ancienne ministre de la Culture et fille de Patrice-Émery Lumumba, la candidate porte une vision qu’elle résume en ces termes : « une Francophonie vivante, une Francophonie plus inclusive, une Francophonie des peuples ».

Une candidature au-dessus des tensions bilatérales

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a tenu à situer cette candidature au-delà des différends politiques conjoncturels. « Cette élection n’est pas une rivalité entre États », a-t-il rappelé, soulignant que l’OIF est une organisation multilatérale. Cette position vise à inscrire la démarche congolaise dans une logique institutionnelle, malgré le contexte régional marqué par les combats dans l’Est de la RDC et les accusations de soutien rwandais au M23.

La candidature congolaise offre ainsi une tribune pacifique et institutionnelle à Kinshasa, au moment où le pays défend ses positions sur d’autres terrains diplomatiques plus âpres. Le président Paul Kagame a publiquement répondu aux pressions internationales sans infléchir sa posture, selon les éléments disponibles.

Louise Mushikiwabo face au projet de renouveau

Face à cette candidature, Kigali mise sur la continuité. Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’OIF depuis 2018, brigue un troisième mandat. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a défendu son bilan institutionnel, mettant en avant la gestion budgétaire, les ressources humaines et les actifs de l’organisation.

Deux approches se confrontent : la continuité défendue par Kigali et le projet de renouveau porté par Kinshasa. Cette compétition se déroule dans un climat où les enjeux institutionnels se mêlent au contexte diplomatique entre les deux pays.

Une compétition élargie et une diplomatie de conviction

La compétition ne se limite pas à ces deux figures. La Mauritanienne Coumba Bâ, ministre-conseillère du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș sont également candidats. Leur présence rappelle que l’OIF demeure une organisation mondiale, mais la candidature congolaise occupe une place importante par l’ampleur de l’ambition affichée.

Kinshasa a déployé une diplomatie de conviction sur plusieurs continents. Au Maroc, la délégation congolaise a été reçue par le roi Mohammed VI et a plaidé pour une « Francophonie des peuples, avec les peuples et pour les peuples ». La campagne s’est également poursuivie à Lomé, avec une rencontre avec le président togolais Faure Gnassingbé, ainsi qu’au Canada, deuxième contributeur financier de l’OIF.

Un enjeu pour la gouvernance francophone

Que la RDC l’emporte ou non à Phnom Penh en novembre 2026, cette candidature met en lumière une réalité : l’Afrique francophone, portée par son poids démographique et culturel croissant, entend peser davantage dans les grandes institutions. Les quelque 320 millions de francophones revendiqués par l’OIF à travers ses 90 États et gouvernements membres se trouvent au cœur d’une compétition qui dépasse les seules ambitions nationales.

À travers la candidature de Juliana Amato Lumumba, la RDC défend une vision d’une Francophonie « plus vivante », « plus inclusive » et davantage tournée vers les peuples. Au-delà du scrutin de novembre, c’est aussi la place que l’Afrique centrale et, plus largement, l’Afrique francophone souhaitent occuper dans la gouvernance de l’espace francophone qui se joue.

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Article Ecrit par Cédric Botela

Source: mediacongo.net

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