Le 1er septembre 2026, le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, a rendu publique une note stratégique dans laquelle il dresse un constat sévère de la crise congolaise. Selon lui, les multiples initiatives diplomatiques menées depuis plusieurs décennies n’ont pas permis de mettre fin durablement aux violences dans l’Est de la RDC. Ce diagnostic, formulé par une figure morale de premier plan, relance le débat sur l’efficacité des mécanismes régionaux et internationaux censés ramener la paix.
Au cœur de cette prise de position, une critique des processus de dialogue en cours. Denis Mukwege regrette que l’initiative actuelle ne vienne pas d’un acteur neutre et qu’elle ne soit pas précédée de mesures de décrispation politique. Pour lui, un dialogue véritablement national devrait se tenir après le rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire. Cette exigence soulève une question institutionnelle majeure : peut-on négocier la paix alors que l’autorité de l’État reste contestée dans certaines zones ?
La révision constitutionnelle, un risque d’instabilité supplémentaire
Dans un contexte déjà marqué par la guerre et une grave crise sanitaire, Denis Mukwege exhorte le régime à reporter le débat sur la révision constitutionnelle. Il s’appuie sur les articles 219 et 220 de la Constitution pour mettre en garde contre une nouvelle période d’instabilité institutionnelle. Cette position place la question constitutionnelle au centre des préoccupations, alors que le pays fait face à des urgences humanitaires et sécuritaires. Pour les citoyens, ce report signifierait éviter une dispersion des énergies politiques au détriment des priorités vitales.
Une conférence internationale pour relancer l’Accord-cadre d’Addis-Abeba
Face à l’impasse, Denis Mukwege appelle à une grande conférence internationale pour la paix dans les Grands Lacs. Celle-ci serait pilotée par un État neutre non limitrophe et associerait les États signataires, l’Union africaine, les Nations unies, la société civile et le secteur privé. L’objectif affiché est de relancer l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, signé en 2013 mais resté largement inappliqué. Cette proposition vise à redonner un cadre multilatéral à la résolution du conflit, en impliquant des acteurs au-delà des seuls gouvernements de la région.
La note de Denis Mukwege intervient alors que les populations de l’Est de la RDC continuent de subir les conséquences directes de l’insécurité. En liant la question de la souveraineté, celle du dialogue politique et celle de la révision constitutionnelle, le Prix Nobel de la paix dessine une feuille de route exigeante. Reste à savoir si les autorités et les partenaires internationaux y verront une opportunité de sortie de crise ou une simple contribution de plus à un débat déjà saturé.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
