La République démocratique du Congo (RDC) dispose d’un sous-sol parmi les plus riches du monde, mais sa capacité à transformer ces ressources en développement reste l’une des plus faibles de la planète. Selon le dernier rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le pays se classe au 190e rang sur 195 économies dans l’Indice des capacités productives pour 2024, avec un score de 22,6 points. Ce constat, publié en octobre 2026, met en lumière un paradoxe : un capital naturel abondant, mais des infrastructures et des institutions qui freinent la production.
Un indice qui mesure la capacité à produire, pas la richesse
L’Indice des capacités productives ne mesure pas directement la valeur des ressources d’un pays. Il évalue plutôt sa capacité à les transformer en biens et services, en s’appuyant sur 43 indicateurs répartis en huit composantes : capital naturel, capital humain, énergie, technologies de l’information, institutions, secteur privé, transformation structurelle et transport. Pour la RDC, les résultats révèlent de fortes disparités. Le pays obtient 43,7 points pour son capital naturel, mais seulement 8,7 points pour le transport, son score le plus faible. L’énergie suit avec 15,4 points, tandis que les institutions et le capital humain affichent respectivement 19,7 et 20,8 points. À l’inverse, la transformation structurelle constitue le meilleur résultat, avec 44 points, juste devant le capital naturel.
Des infrastructures de transport qui plombent le développement
Le faible score des infrastructures de transport illustre une difficulté majeure : relier les zones de production aux marchés. Avec 8,7 points, ce domaine est cinq fois moins performant que le capital naturel. Ce déficit limite la circulation des biens et des personnes, et entrave l’accès aux services essentiels. La CNUCED souligne que la disponibilité limitée des données demeure un défi, particulièrement dans les pays les moins avancés, et que certaines valeurs manquantes sont estimées par des méthodes statistiques. L’organisation recommande de considérer l’indice comme un outil de diagnostic pour repérer les principaux obstacles à la transformation économique.
Une légère amélioration, mais un recul récent
Entre 2021 et 2023, le score de la RDC s’est amélioré, passant de 19,8 à 22,7 points, avant de reculer légèrement à 22,6 points en 2024. Cette évolution montre que des progrès sont possibles, mais qu’ils restent fragiles. Le rapport ne mesure pas directement la responsabilité de chaque faiblesse dans le classement général et n’établit pas de relation de causalité entre elles. Il met toutefois en évidence un déséquilibre structurel : le pays dispose de ressources naturelles importantes, mais peine à les convertir en capacités économiques plus larges. Pour les ménages et les entreprises, cela se traduit par des difficultés d’accès à l’énergie, aux transports et à des institutions efficaces, autant de facteurs qui pèsent sur le quotidien et sur les perspectives de développement.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
