AccueilActualitéSantéPero Luwara affirme que la Belgique veut le réduire au silence

Pero Luwara affirme que la Belgique veut le réduire au silence

Le journaliste congolais Claude Pero Luwara, réfugié en Belgique depuis 2022, affirme que les autorités belges lui ont demandé de cesser ses activités journalistiques ou, à défaut, de ne plus critiquer le pouvoir de Kinshasa. Cette demande, qu’il attribue à la police belge, intervient dans un contexte de menaces répétées à son encontre sur le sol belge.

Une demande de la police belge jugée « conflictogène »

Lors d’une conférence de presse tenue samedi à Bruxelles, Pero Luwara a expliqué que la police belge considère son travail de journaliste comme « conflictogène ». Selon ses déclarations, les autorités lui auraient demandé d’arrêter ce travail, en particulier ses critiques du gouvernement congolais. « On me demande, par la police belge, d’arrêter ce travail. On me dit que ce travail est conflictogène. Et ils m’ont dit : si vous pouvez le faire, arrêtez de critiquer le gouvernement de Kinshasa », a-t-il déclaré.

Le journaliste estime que cette recommandation serait liée au niveau de menace qui pèse sur lui, dépassant le niveau 4, ce qui rendrait sa protection difficile pour les autorités belges. Il dénonce également ce qu’il considère comme une discrimination liée à sa nationalité et à sa couleur de peau. Ces accusations n’ont toutefois pas été corroborées par une communication officielle des autorités belges ou par une source indépendante.

Des agressions répétées sur le territoire belge

Pero Luwara a été victime de plusieurs agressions en Belgique. La dernière remonte au 3 septembre à Tirlemont, où trois hommes masqués l’ont attaqué à coups de marteau à la tête. Selon la presse belge, il s’agit de la troisième agression visant le journaliste depuis août 2025. Une enquête a été ouverte. Son avocat avait également soutenu que l’agression d’août 2025 était organisée et commanditée.

Un statut de réfugié et des poursuites en RDC

Pero Luwara fait l’objet de poursuites et de recherches en République démocratique du Congo. En mars 2025, le ministère congolais de la Justice avait annoncé une récompense de 4 millions USD pour toute information permettant son arrestation, l’accusant notamment de complicité avec l’AFC/M23. Le journaliste, qui bénéficie du statut de réfugié en Belgique, est connu pour ses critiques du pouvoir de Kinshasa.

Cette situation soulève des questions sur la liberté de la presse et la protection des journalistes en exil. Les déclarations de Pero Luwara, si elles étaient confirmées, illustreraient les pressions auxquelles peuvent être confrontés les professionnels des médias critiques envers leur pays d’origine, même dans un pays d’asile comme la Belgique.

A lire aussi : Criminalité numérique : la PNC de Kinshasa veut adapter sa réponse ; Kinshasa: la cour militaire juge la liberté provisoire d'Israël Sanga

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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