À Mbuji-Mayi, dans la commune de Kanshi, une pratique commerciale émergente modifie les habitudes de consommation. De jeunes vendeurs parcourent les avenues avec des charrettes chargées de sachets de pains, proposant leur marchandise directement devant les domiciles. Ce constat, établi samedi 19 septembre, illustre une adaptation du commerce de proximité dans cette ville du Kasaï-Oriental.
Un circuit de distribution direct vers les habitations
Alexis Kankolongo, vendeur ambulant, décrit son organisation quotidienne. Il reçoit les sachets de pains entre 8 heures et 9 heures, après un réveil vers 5 heures. Sa tournée le conduit dans les parcelles résidentielles, où il dispose déjà d’une clientèle régulière. « Chaque jour, je me réveille autour de 5 heures. On me remet les sachets vers 8 heures ou 9 heures. J’ai déjà quelques clients. Je passe dans les parcelles résidentielles pour vendre les pains. Il y en a qui achètent cinq sachets, deux ou un », précise-t-il.
Cette méthode de vente directe répond à une demande de commodité. Plusieurs habitants de Kanshi apprécient de recevoir le pain sans se déplacer. La pratique s’inscrit dans un contexte où la consommation de pain est en hausse à Mbuji-Mayi, selon des sources locales.
L’entrepreneuriat des jeunes salué par la population
L’initiative de ces jeunes vendeurs est perçue comme une forme d’entrepreneuriat. Ghislain Tshimanga, habitant de la commune, exprime son soutien à cette démarche. Il y voit la preuve d’une volonté de créer une activité génératrice de revenus plutôt que d’attendre un emploi. « Je suis complètement content quand je vois un jeune faire ça. C’est très important. C’est un jeune courageux, parce qu’il a compris ce que c’est l’entrepreneuriat », déclare-t-il.
Cette reconnaissance locale met en lumière le rôle des jeunes dans le dynamisme économique de la ville. La vente de pain en porte-à-porte devient ainsi un exemple d’initiative individuelle dans un marché en expansion.
Des réserves sur les conditions de transport
Malgré l’adhésion d’une partie de la population, des préoccupations sanitaires émergent. Certains habitants contestent l’usage des charrettes pour transporter les pains. Ils rappellent que ces équipements servent habituellement au transport des déchets, ce qui soulève des questions d’hygiène. Un habitant interrogé refuse d’acheter ces produits : « Je ne peux pas acheter des pains transportés dans des charrettes qui transportent les immondices. Je ne peux donc pas manger cela », affirme-t-il.
Cette réserve n’a pas empêché le développement de la filière. Plusieurs boulangeries ont ouvert à Mbuji-Mayi au cours des deux dernières années, répondant à une demande croissante. La coexistence de ces perceptions divergentes illustre les défis d’une pratique commerciale en structuration.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
