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Kisangani : des billets dollars refusés sans règle claire

À Kisangani, des usagers se heurtent à des refus lorsqu’ils tentent d’utiliser ou d’échanger certains billets en dollars américains. Les coupures de 1 et 5 dollars, ainsi que celles portant des traces de stylo ou des cachets, sont parfois rejetées par des cambistes ou des commerçants. Cette situation crée une incertitude pour les détenteurs, qui reçoivent des réponses contradictoires selon les interlocuteurs.

Des pratiques variables chez les cambistes

Sur le terrain, plusieurs usagers ont expliqué avoir rencontré des difficultés pour changer ou dépenser certaines coupures. Le problème est particulièrement visible auprès des cambistes, où certains billets sont refusés ou considérés comme plus difficiles à écouler. Les cambistes interrogés ont toutefois renvoyé une partie de la responsabilité vers les banques commerciales. Selon eux, certaines coupures deviennent difficiles à remettre en circulation lorsque les établissements bancaires ou leurs clients les refusent à leur tour.

La position des banques commerciales

Pour vérifier ces affirmations, Actu30 a confronté ces témoignages aux pratiques de plusieurs banques commerciales présentes à Kisangani, notamment Rawbank, TMB et EquityBCDC. À Rawbank, le responsable de la caisse, Élie Kalonji, a assuré qu’il n’existait pas d’interdiction générale concernant les billets portant certaines marques ou les petites coupures. Il a invité les clients concernés à présenter directement leurs billets aux guichets afin de vérifier leur acceptation. La difficulté, a-t-il expliqué, apparaissait surtout lors de la remise en circulation. Certains clients refusent à leur tour les billets qu’ils jugent trop usés ou marqués. La banque peut alors regrouper ces coupures avant de les transférer vers d’autres agences ou établissements où elles peuvent être écoulées.

À la TMB, le constat avancé a été similaire. Le responsable rencontré par Actu30 a affirmé que les billets présentés par les clients étaient acceptés, même si leur remise en circulation pouvait ensuite poser problème. « Si les gens nous amènent ces billets, nous, on prend », a-t-il expliqué. La question s’est alors posée autrement : un billet peut-il être refusé simplement parce qu’un acteur du marché estime qu’il sera difficile à remettre en circulation ?

Le rôle de la Banque centrale du Congo

Du côté de la Banque centrale du Congo, le dollar américain étant une monnaie étrangère, son émission relève des autorités monétaires américaines. La BCC exerce, pour sa part, ses compétences sur le système monétaire et financier congolais ainsi que sur les opérations de change. Elle rappelle également l’importance de recourir aux canaux agréés pour les opérations de change.

Une absence de règle claire

Au cours des vérifications menées à Kisangani, aucun document établissant une interdiction générale visant les billets de 1 ou 5 dollars, ou ceux portant simplement des traces de stylo ou des cachets, n’a été présenté à Actu30. Cette absence de règle clairement affichée contraste avec les refus régulièrement rapportés par certains usagers. Les vérifications effectuées sur le terrain ont ainsi mis en évidence une difficulté liée à la circulation des billets : une coupure peut être acceptée par une banque, puis refusée par un client, un cambiste ou un commerçant qui craint de ne pas pouvoir la remettre en circulation. Cette situation crée un renvoi de responsabilité entre les différents acteurs. Le détenteur du billet peut alors se retrouver avec une coupure difficile à échanger, sans connaître précisément le critère ayant motivé son refus.

Une concertation entre la BCC, les banques commerciales, les cambistes, les commerçants et les représentants du secteur privé pourrait contribuer à clarifier les pratiques et à éviter l’application de critères différents selon les acteurs. À Kisangani, la question ne concerne donc pas uniquement les petites coupures. Elle touche également à la confiance accordée aux billets en circulation et à la clarté des pratiques qui déterminent leur acceptation.

A lire aussi : Kisangani : six policiers condamnés pour outrage à un magistrat ; Tshopo : un projet pour prévenir Ebola chez les voyageurs du fleuve

Article Ecrit par Amissi G

Source: actu30.cd

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