À Kinshasa, le commerce en ligne transforme les habitudes d’achat. Vêtements, nourriture, produits cosmétiques ou même logements : de plus en plus de vendeurs utilisent Facebook, TikTok ou WhatsApp pour toucher directement les consommateurs. Cette évolution, documentée par une enquête de Radio Okapi, élargit la clientèle des commerçants bien au-delà de leur quartier. Mais elle expose aussi les acheteurs à des risques concrets, notamment les fausses offres et les abus de confiance.
Une pratique en plein essor, mais sans cadre rassurant
La vente en ligne repose sur la simplicité : quelques clics suffisent pour commander un article. Pour de nombreux vendeurs, c’est un moyen d’atteindre des clients qu’ils n’auraient jamais rencontrés physiquement. Selon l’enquête, cette dynamique profite à des commerçants de divers secteurs, des vêtements aux produits traditionnels. Toutefois, cette facilité s’accompagne d’une zone grise : l’identité réelle du vendeur et la véracité des annonces ne sont pas toujours vérifiables.
Des victimes d’arnaques témoignent
Les témoignages recueillis par Radio Okapi illustrent les dérives possibles. Une cliente, identifiée sous le prénom de Coucou, raconte avoir versé un acompte de 60 dollars pour deux paires de chaussures proposées sur une page Facebook. Après avoir reçu une facture avec une adresse présentée comme celle du bureau de la page, elle n’a jamais été livrée. « Cela fait trois ans et je n’ai toujours rien reçu », regrette-t-elle. Une autre personne, Martine, affirme s’être rendue à l’adresse indiquée sur la facture et avoir découvert qu’il s’agissait d’une fausse adresse.
La confiance, maillon faible des transactions numériques
Pour le professeur Achille Bundjoko Iyolo, expert en usages des technologies numériques, ces situations révèlent un enjeu central : la confiance. Derrière certaines annonces attractives peuvent se cacher de fausses offres, tandis que l’anonymat relatif des plateformes peut favoriser des pratiques frauduleuses. Il insiste toutefois sur un point : la technologie elle-même n’est pas responsable de ces dérives. « Ce n’est pas la technologie elle-même qui a des comportements pervers. Mais c’est l’utilisation de ces technologies-là qui nous amène vers des effets pervers. Parmi les effets pervers, c’est l’arnaque. »
Vers des usages plus éclairés
Face à ces risques, l’expert recommande une meilleure connaissance des outils numériques. Vérifier les informations disponibles sur un vendeur ou une offre, comprendre les mécanismes des plateformes : ces précautions deviennent indispensables. Alors que le commerce en ligne continue de se développer en RDC, l’enjeu consiste désormais à concilier la facilité offerte par les technologies avec des usages plus responsables. Pour les consommateurs, cela passe par une vigilance accrue avant tout paiement, notamment lorsqu’un acompte est demandé sans garantie de livraison.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
