À quelques mètres de la Route nationale numéro 1, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, plus de 700 élèves d’une école primaire de Cité Nzele suivent les cours dans des conditions qui interrogent la capacité des pouvoirs publics à garantir un minimum de dignité scolaire. C’est le constat dressé par l’ONG Action pour la Protection de l’Enfant et de la Famille (APEF), qui a lancé un appel à l’aide après une visite dans cet établissement du Kongo-Central.
La majorité des enfants sont assis à même le sol, faute de bancs-pupitres en nombre suffisant. D’autres s’entassent à quatre ou cinq sur des bancs conçus pour deux. Une situation qui, selon l’organisation, compromet directement la qualité des apprentissages. « On ne peut pas demander à un enfant de bien écrire, de bien se concentrer, quand il n’a même pas où poser son cahier. C’est une urgence », a alerté un animateur de l’APEF.
Un déficit d’infrastructures qui dépasse le mobilier
Au-delà du manque de bancs, l’APEF pointe un problème plus large : l’emplacement même de l’école, construite à seulement 7 mètres de la RN1. Cette proximité expose quotidiennement les élèves aux risques d’accidents, à la poussière et au bruit des poids lourds. Pour l’ONG, qui œuvre dans la protection des enfants et le respect des normes éducatives en RDC, cette configuration illustre les difficultés liées au manque d’infrastructures scolaires dans certaines zones périurbaines du Kongo-Central.
La question n’est donc pas seulement celle du confort, mais de la sécurité et de la santé des enfants. Un environnement aussi bruyant et poussiéreux peut affecter la concentration et la respiration, sans compter le danger permanent que représente la circulation sur cet axe majeur.
Un appel à la responsabilité publique et aux partenaires
Face à cette situation, l’APEF a lancé un appel au gouvernement provincial du Kongo-Central, aux partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation, aux élus de Mbanza-Ngungu ainsi qu’aux personnes de bonne volonté. L’objectif est de doter rapidement cette école de bancs-pupitres. « Avec 100 bancs, on peut déjà changer la vie de 300 enfants. C’est peu pour un partenaire, mais c’est énorme pour Cité Nzele », a conclu l’ONG.
Cet appel met en lumière un enjeu de gouvernance : qui doit assumer la charge de l’équipement de base des écoles publiques ? Si les partenaires techniques et financiers peuvent apporter un appui ponctuel, la responsabilité première incombe aux autorités éducatives. Or, dans ce cas précis, l’absence de mobilier de base interroge sur le suivi des établissements scolaires dans les zones périurbaines.
Une mobilisation qui pourrait faire école
L’initiative de l’APEF a le mérite de rendre visible une réalité souvent ignorée. En alertant sur le cas de Cité Nzele, l’organisation espère susciter une réaction rapide, mais aussi attirer l’attention sur d’autres écoles confrontées aux mêmes difficultés. La réponse des autorités et des partenaires sera un test de leur engagement en faveur de l’éducation de base.
Pour les élèves de cette école, chaque jour passé sans banc est un jour de plus où l’apprentissage se fait dans la précarité. L’urgence est réelle, et les solutions existent. Reste à savoir si les acteurs interpellés sauront transformer cet appel en action concrète.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
