La ministre d’État chargée des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a entamé une mission humanitaire d’urgence à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Ce déplacement, annoncé dans un contexte de guerre persistante, soulève une question centrale : comment transformer une réponse d’urgence en solution durable pour les déplacés internes ?
Une réponse d’urgence face à une crise prolongée
Ève Bazaïba a justifié sa présence par la nécessité d’apporter une réponse humanitaire immédiate aux populations affectées par les affres de la guerre d’agression et, dans une certaine mesure, par les intempéries. « Je suis en charge des questions sociales et humanitaires. Je suis venue pour une réponse humanitaire d’urgence vis-à-vis de nos compatriotes affectés par les affres de la guerre d’agression et, dans une certaine mesure, ceux qui ont quitté leurs maisons à cause des intempéries, essentiellement des déplacés internes », a-t-elle déclaré. Cette formulation met en lumière la double vulnérabilité des déplacés internes du Nord-Kivu, confrontés à la violence armée et aux aléas climatiques.
Le retour volontaire, un processus administratif à préciser
Au-delà de l’urgence, la ministre a annoncé l’organisation d’un processus administratif visant à identifier les déplacés internes volontaires souhaitant regagner leurs milieux d’origine. Cette démarche, si elle se concrétise, pourrait marquer un tournant dans la gestion de la crise. Toutefois, les modalités pratiques restent à définir : comment garantir la sécurité des personnes qui choisiront de rentrer ? Quels critères détermineront le caractère volontaire du retour ? Ces questions, pour l’heure sans réponse, conditionnent la crédibilité de l’initiative.
Une évaluation des besoins pour une réintégration effective
Ève Bazaïba a également indiqué qu’une évaluation des besoins en kits de réinsertion, en kits de soudure ainsi qu’en mesures sécuritaires sera effectuée. L’objectif affiché est de faciliter le retour et la réintégration des déplacés dans leurs milieux d’origine. Cette approche, qui lie assistance matérielle et sécurisation, traduit une prise de conscience des défis multiples du retour. Mais elle soulève aussi une interrogation : les moyens annoncés seront-ils à la hauteur de l’ampleur des besoins ?
Une mission élargie à l’Ituri et au Sud-Kivu
Après le Nord-Kivu, la ministre d’État se rendra en Ituri et au Sud-Kivu pour les mêmes objectifs. Ce déploiement dans trois provinces de l’Est suggère une volonté de traiter la crise humanitaire de manière globale. Il reste à savoir si cette mission débouchera sur des actions concrètes et coordonnées, ou si elle s’ajoutera à une longue liste de déplacements ministériels sans impact durable pour les populations concernées.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
