À Faradje, dans le Haut-Uélé, une quinzaine de survivants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) entament un parcours de six mois pour apprendre un métier. L’initiative, portée par l’ONG Actions pour la promotion rurale (APRU), se concentre sur la coupe-couture et la mécanique automobile. Derrière l’apprentissage technique, c’est une question de dignité et de retour à la vie sociale qui se joue pour ces personnes marquées par des années de violences.
La formation ne se limite pas aux seuls rescapés de la LRA. Des membres de la communauté locale y participent également, ce qui favorise une dynamique de cohésion. L’objectif affiché par l’APRU est de permettre aux bénéficiaires d’acquérir des compétences pratiques, mais aussi de développer des activités génératrices de revenus. Une manière de reconstruire un quotidien stable, loin des stigmates du conflit.
Un tremplin vers l’autonomie économique
Au terme des six mois, chaque participant recevra un kit adapté à sa filière. Les apprenants en coupe-couture disposeront de machines à coudre et d’accessoires, tandis que les futurs mécaniciens seront dotés d’outils pour la réparation et l’entretien des véhicules. Pour l’APRU, ces équipements doivent renforcer l’autonomie économique des survivants et faciliter leur intégration au sein de leurs communautés.
Cette dotation matérielle est un levier essentiel. Sans outils, les compétences acquises resteraient théoriques. Avec un kit de démarrage, les bénéficiaires peuvent envisager de lancer une petite activité, de répondre à des besoins locaux et de générer des revenus. C’est un pas concret vers une indépendance financière, souvent difficile à atteindre pour des personnes ayant vécu des traumatismes profonds.
Une réinsertion sociale à consolider
Les bénéficiaires se disent déterminés à mettre en pratique les connaissances acquises. Leur motivation est palpable : améliorer leurs conditions de vie et développer leurs activités. Mais la volonté individuelle ne suffit pas toujours. L’APRU appelle ses partenaires à soutenir les bénéficiaires afin de favoriser la pérennité de leurs activités génératrices de revenus.
Cet appel souligne une réalité : la formation et les kits ne garantissent pas à eux seuls le succès. L’accompagnement post-formation, l’accès au marché et le suivi technique sont des facteurs déterminants. Sans un appui continu, le risque est de voir ces efforts s’essouffler et les bénéficiaires retomber dans la précarité.
Un enjeu de cohésion communautaire
En intégrant des membres de la communauté locale, l’initiative de l’APRU dépasse la simple aide humanitaire. Elle crée un espace de rencontre et de travail commun entre des survivants de la LRA et leurs voisins. Cette mixité peut contribuer à apaiser les méfiances et à reconstruire un tissu social fragilisé par des années de conflit.
La réinsertion des survivants de la LRA ne se limite pas à l’économie. Elle touche à la reconnaissance, à la confiance et à la place de chacun dans la société. À Faradje, cette formation professionnelle apparaît comme un maillon d’une chaîne plus large, où l’humain et le collectif restent au centre des préoccupations.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
