La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dans le Haut-Katanga a publiquement condamné, mercredi 16 septembre 2026, la dispersion violente de la marche de l’opposition organisée la veille à Lubumbashi. Cette réaction intervient après que les forces de l’ordre ont empêché la tenue de ce rassemblement, pourtant annoncé par la coalition C64, et procédé à des interpellations. L’institution provinciale d’appui à la démocratie s’inquiète d’un possible rétrécissement des libertés publiques dans la province.
Le coordonnateur provincial de la CNDH, Joseph Kongolo, a dénoncé des comportements qu’il juge contraires à la mission des forces de l’ordre. « La CNDH déplore la violence avec laquelle ceux-là qui sont censés maintenir la paix, l’ordre et la discipline, surtout protéger les manifestants, se livrent eux-mêmes à des actes en marge de la loi », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la liberté de manifestation pacifique est garantie par la Constitution congolaise et a recommandé aux autorités provinciales de respecter la loi pour permettre l’exercice normal de la démocratie.
Une marche interdite et des militants interpellés
La marche projetée par la C64 n’a pas pu se tenir à Lubumbashi. Les forces de l’ordre ont été déployées aux points de rassemblement, notamment à l’ISP et à l’Institut Maadini, pour faire respecter la mesure d’interdiction des manifestations publiques prise par les autorités urbaines et provinciales. Aubin Kasongo, responsable d’Envol dans le Haut-Katanga, a fait état de huit arrestations parmi les militants de l’opposition. « On a recensé jusqu’à présent huit arrestations parmi nos militants de la part de la police. Ils ont été interpellés au niveau de l’école Gécamines Maadini et de l’ISP où il y avait le rassemblement », a-t-il affirmé.
Selon lui, les organisateurs avaient pourtant officiellement sollicité l’encadrement de la police. « On a saisi officiellement l’autorité urbaine pour que la police vienne nous encadrer. Par contre, elle est venue, cette police, pour étouffer notre manifestation », a-t-il expliqué. Il a également mentionné des blessés et l’usage de gaz lacrymogènes, tout en disant avoir échappé à un enlèvement. Ces faits n’ont pas été confirmés par les autorités policières dans les sources consultées.
Un risque d’érosion de l’espace démocratique
La CNDH met en garde contre les conséquences à long terme de l’étouffement systématique des voix divergentes. L’institution souligne que le blocage des actions de protestation pacifique portées par l’opposition accentue la restriction des libertés publiques. Elle appelle l’exécutif provincial à garantir l’exercice des droits civiques sans discrimination. Cette position fait écho à un communiqué préventif publié dès le 12 septembre, dans lequel le bureau provincial invitait les acteurs étatiques et politiques à se conformer aux textes légaux.
La mobilisation de la C64 s’inscrit dans la contestation de l’initiative de changement de la Constitution. La même situation a été observée dans plusieurs villes de l’espace Katanga. À Kalemie, dans la province du Tanganyika, les autorités avaient également refusé d’autoriser la marche de l’opposition. Pour l’heure, l’opposition dénonce des arrestations, tandis que les autorités justifient le déploiement des forces de l’ordre par la nécessité de faire respecter l’interdiction des manifestations publiques.
Un appel au respect de la loi
Joseph Kongolo a insisté sur la nécessité pour les autorités provinciales de faire un effort pour respecter la loi et permettre à la démocratie de s’exercer normalement. La CNDH recommande que les forces de l’ordre protègent les manifestants au lieu de se livrer à des actes qu’elle qualifie de marginaux par rapport à la loi. Cette prise de position intervient dans un contexte où les libertés de réunion et d’expression sont au centre des préoccupations des acteurs politiques et de la société civile.
Les événements de Lubumbashi illustrent, selon la CNDH, un risque de restriction durable des libertés publiques dans le Haut-Katanga. L’institution invite les autorités à tous les niveaux à garantir l’exercice des droits civiques sans discrimination, conformément aux dispositions constitutionnelles. La situation reste tendue, et aucun bilan officiel des interpellations ou des blessés n’a été communiqué par les autorités provinciales.
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Article Ecrit par Amissi G
Sources: mediacongo.net, Actualite.cd
