Le village de Kahundji, dans le territoire de Gungu au Kwilu, vit depuis plusieurs semaines au rythme d’un conflit foncier dont les conséquences humaines sont désormais chiffrées. Selon la 11e région militaire, les tensions avec le village voisin de Mampungu, situé dans le territoire de Bulungu, ont fait deux morts et quatorze blessés jusqu’à dimanche dernier. L’enjeu porte sur la forêt Lutete, dont l’appartenance a été reconnue à Kahundji par une décision de justice, mais que les habitants de Mampungu contestent toujours.
Ce différend territorial n’est pas nouveau. Il s’est aggravé après l’exécution, le 20 août dernier, de la décision du Tribunal de grande instance de Bulungu. Dès le lendemain, des tensions ont été observées et deux femmes ont été violées. Samedi 12 et dimanche 13 septembre, une nouvelle attaque attribuée aux habitants de Mampungu a fait plusieurs blessés. La route reliant Kahundji à Kikwit a été barricadée par des jeunes, accusés d’avoir confisqué une moto.
Une présence militaire permanente pour contenir les violences
Face à cette escalade, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) se sont déployées dans la zone. L’armée affirme avoir récupéré des armes de calibre 12 ainsi que des munitions. Le porte-parole de la 11e région militaire, le capitaine Antony Mualushayi, rassure quant au maintien d’une présence permanente des FARDC afin de rétablir et de préserver la paix dans la zone. Il appelle par ailleurs les habitants de Kahundji et de Mampungu à éviter toute manipulation susceptible d’aggraver les tensions.
Une décision de justice contestée, un climat de défiance
Le conflit porte sur l’appartenance de la forêt Lutete. Celle-ci a été reconnue au village Kahundji à la suite d’une décision de justice, mais cette décision continue de susciter des contestations de la part des habitants de Mampungu. Cette situation illustre la difficulté de faire accepter les décisions judiciaires dans des zones où les enjeux fonciers sont vitaux pour les communautés rurales. La forêt représente souvent une source de revenus, de nourriture et d’identité pour les populations locales.
Des conséquences humaines et pratiques pour les habitants
Au-delà des pertes en vies humaines et des blessés, le conflit a des répercussions concrètes sur la vie quotidienne. La barricade de la route Kahundji–Kikwit entrave la circulation des personnes et des biens, isolant davantage les villages concernés. La confiscation d’une moto, moyen de transport essentiel dans la région, témoigne du climat d’insécurité. Les habitants vivent dans la crainte de nouvelles violences, tandis que les autorités militaires tentent de ramener le calme.
Le renforcement du dispositif sécuritaire vise à prévenir de nouveaux affrontements. La présence des FARDC pourrait dissuader les groupes armés ou les jeunes mobilisés de part et d’autre. Cependant, la résolution durable du conflit passera probablement par un dialogue entre les communautés et une clarification des droits fonciers, au-delà de la seule réponse militaire.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
