L’épidémie de maladie à virus Ebola recule en Ituri, selon le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe. Lors d’un point de presse tenu lundi 14 septembre à Bunia, le spécialiste a présenté des indicateurs épidémiologiques encourageants, tout en appelant à consolider les acquis pour éviter une reprise de la transmission.
Des indicateurs en amélioration grâce à l’adhésion communautaire
Le Dr Muyembe a expliqué que plusieurs signaux montrent une régression de l’épidémie dans cette province du nord-est de la République démocratique du Congo. Il a notamment cité une meilleure adhésion des communautés aux mesures de prévention, une détection plus précoce des cas et un référencement rapide des personnes contacts. Ces éléments facilitent la rupture des chaînes de transmission, un mécanisme essentiel pour contenir la maladie.
Le directeur de l’INRB a également relevé une diminution des violences visant les équipes médicales et les infrastructures de soins. « Sur le plan de l’épidémiologie, nous avons vu des indicateurs qui sont en faveur de l’espoir que nous avons pour dire que l’épidémie est en régression ici en Ituri », a-t-il déclaré. Cette accalmie contraste avec les périodes difficiles où des attaques contre les centres de santé perturbaient la riposte.
La vigilance reste de mise au Nord-Kivu
Malgré ces progrès en Ituri, Jean-Jacques Muyembe a insisté sur la nécessité de maintenir la vigilance, en particulier dans la province voisine du Nord-Kivu. La circulation du virus y demeure active, ce qui exige le renforcement des capacités opérationnelles et la poursuite d’interventions ciblées dans les zones concernées. Une propagation non maîtrisée au Nord-Kivu pourrait compromettre les efforts régionaux.
Le spécialiste a plaidé pour de nouveaux financements publics et un appui accru des partenaires. Ces ressources doivent permettre de poursuivre les opérations d’ambulances, d’indemniser les prestataires de santé et de soutenir la surveillance épidémiologique. Sans ces moyens, les progrès enregistrés pourraient être fragilisés.
Consolider les acquis pour protéger les populations
Pour le directeur de l’INRB, les avancées constatées en Ituri doivent être consolidées afin d’éviter une nouvelle progression de l’épidémie. La riposte Ebola repose sur une chaîne d’interventions coordonnées : détection des cas, suivi des contacts, soins aux malades et engagement communautaire. Chaque maillon nécessite un financement stable et une mobilisation continue.
L’expérience des épidémies précédentes montre que les rémissions peuvent être suivies de résurgences si la surveillance se relâche. Le message porté par Jean-Jacques Muyembe vise donc à transformer l’espoir actuel en une stratégie durable, au bénéfice des habitants de l’Ituri et des provinces voisines.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
