La police nationale congolaise a dispersé, dans la matinée du 15 septembre, une manifestation organisée par la coalition C64 à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette mobilisation visait à exprimer le refus du changement de la constitution en République démocratique du Congo. Selon des habitants, les membres de la C64 commençaient à se rassembler au niveau du monument de la révolution lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour les disperser.
Une interdiction justifiée par le risque Ebola
Le maire d’Uvira avait préalablement interdit la tenue de cette marche, invoquant la maladie à virus Ebola. Cette justification a été jugée infondée par les membres de la C64, qui ont tout de même tenté de manifester. La décision municipale s’inscrit dans un contexte de mesures restrictives que la coalition considère comme dépourvues de fondement contextuel, mais plutôt politiques. Pour les organisateurs, l’argument sanitaire avancé par l’autorité urbaine ne correspond pas à la réalité du terrain et sert à entraver une mobilisation citoyenne légitime.
Quatre interpellations, dont un responsable local
François Igilima, rapporteur du cadre de concertation de la société civile congolaise, a indiqué que quatre personnes ont été arrêtées et emmenées par la police. « Estimant que ces mesures restrictives ne trouvent aucun fondement contextuel, sauf politique, la C64 va tenter de se réunir depuis ce matin du 15 septembre 2026 au monument de la révolution, mais sans succès car quatre de leurs manifestants appartenant à l’Ensemble pour la République de Moise Katumbi, y seront arrêtés et les autres en fuite », a-t-il déclaré. Selon d’autres témoins, parmi les personnes interpellées figure Guylain Kikwire, président fédéral du parti Ensemble pour la République à Uvira. « Guylain Kikwire a été embarqué depuis la matinée avec 3 autres personnes », a rapporté un habitant d’Uvira. Ces arrestations touchent ainsi un responsable politique local, ce qui accentue la portée de l’événement.
Un motif sanitaire contesté par les organisateurs
La coalition C64 a maintenu sa mobilisation malgré l’interdiction du maire, estimant que l’argument lié à Ebola ne justifiait pas l’empêchement de la marche. Cette position souligne un désaccord entre les autorités locales et les organisateurs sur la légitimité des restrictions. La dispersion de la manifestation et les interpellations qui ont suivi illustrent la tension autour de ce rassemblement politique. Pour les membres de la coalition, le recours à un motif de santé publique pour interdire une manifestation politique pose question, car il pourrait créer un précédent dans la gestion des libertés publiques.
Les faits rapportés à Uvira s’inscrivent dans une série d’actions similaires menées le même jour dans plusieurs villes du pays, où la coalition C64 a tenté de manifester contre le projet de changement constitutionnel. La réponse des forces de l’ordre a varié selon les localités, mais à Uvira, elle s’est traduite par une dispersion rapide et des arrestations. Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les opposants au changement constitutionnel pour exercer leur droit de manifester, dans un contexte où les autorités invoquent des raisons sanitaires ou sécuritaires pour restreindre les rassemblements.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
