À quelques minutes du début de la marche contre le changement de la Constitution, le secrétaire général adjoint de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Faustin Kwakwa, a réaffirmé son opposition à toute modification de la Loi fondamentale. Selon lui, une telle réforme pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, qu’il juge contraire aux dispositions constitutionnelles actuelles. « Le changement de Constitution entraîne un troisième mandat de Monsieur Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle agite la scène politique congolaise. Pour l’ECiDé, le risque principal est celui d’une concentration durable du pouvoir entre les mains du chef de l’État. Faustin Kwakwa redoute qu’une modification des dispositions relatives aux mandats présidentiels puisse, selon lui, conduire à une présidence à vie. « Une fois qu’on arrive à faire sauter ce verrou qui interdit un troisième mandat, ça veut dire qu’on entre dans un processus qui va faire de Monsieur Tshisekedi un président à vie », a-t-il affirmé.
Le verrou constitutionnel du troisième mandat
La Constitution de 2006, adoptée par référendum, limite le nombre de mandats présidentiels. Ce verrou est présenté par l’opposant comme une garantie contre la dictature. Selon Faustin Kwakwa, le peuple congolais avait exprimé son attachement à l’alternance politique lors de l’adoption de ce texte. Il estime que toute tentative de révision de cette disposition remettrait en cause un acquis démocratique fondamental. Cette inquiétude s’inscrit dans un contexte où la question de la limitation des mandats est devenue un sujet sensible dans plusieurs pays africains, souvent associée à des tensions politiques et à des crises institutionnelles.
Un risque de balkanisation évoqué
Le responsable de l’ECiDé associe par ailleurs le changement de Constitution à un risque de balkanisation de la RDC. Il accuse le régime en place de dérive dictatoriale. Ces accusations relèvent de sa lecture politique de la situation et sont contestées par le camp présidentiel. Aucun élément factuel ne permet, à ce stade, de confirmer un tel scénario de fragmentation territoriale. Toutefois, cette rhétorique alarmiste vise à mobiliser l’opinion publique autour de la défense de l’unité nationale, un thème récurrent dans le discours de l’opposition congolaise.
L’alternance politique comme pilier démocratique
Faustin Kwakwa estime enfin que l’alternance politique demeure indispensable à la consolidation de la démocratie en RDC. Il rappelle que, selon lui, la Constitution de 2006 avait notamment consacré le rejet de la dictature et l’attachement du peuple congolais à l’alternance politique. Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur l’équilibre des institutions et la stabilité du pays. Pour l’ECiDé, la préservation de ces principes constitutionnels est essentielle pour éviter un retour à des pratiques autoritaires et garantir la participation citoyenne aux processus électoraux.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
