Ce lundi 14 septembre 2026, la République démocratique du Congo est traversée par des dynamiques contrastées : un calme précaire dans l’Est après des affrontements, une riposte sanitaire fragilisée par des revendications sociales, un deuil national à Bukavu et des tensions politiques autour de la Constitution. Ce débrief revient sur les faits marquants de la journée.
Walikale : un calme précaire après les combats
Dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, un calme précaire règne à Chanjikiro et Buhimba après deux jours d’affrontements entre les combattants d’autodéfense affiliés à l’AFC/M23 et les FARDC appuyées par les Wazalendo. Selon des sources locales, les combats ont débuté samedi 12 septembre et se sont poursuivis dimanche. Les forces gouvernementales affirment avoir repoussé les assaillants vers leurs positions initiales, mais la reprise des hostilités n’est pas exclue. Les habitants qui avaient fui restent prudents, et le bilan humain demeure inconnu. Cette situation illustre la fragilité sécuritaire persistante dans l’Est du pays, où les groupes armés continuent de menacer la stabilité. Lire l’article complet.
Ituri : la riposte Ebola suspendue faute de primes
La lutte contre Ebola est paralysée dans la zone de santé de Damas, en Ituri, depuis lundi 13 septembre. Les agents de santé ont suspendu leurs activités pour réclamer le paiement de trois mois de primes de risque et un approvisionnement régulier en équipements de protection. Cette suspension interrompt la prise en charge des malades, le suivi des contacts et les enterrements sécurisés, exposant la population à un risque accru de propagation. Cette situation met en lumière les difficultés de financement de la riposte sanitaire, déjà fragilisée par des arrêts de travail antérieurs. Lire l’article complet.
Bukavu : l’inhumation des 27 élèves ravive le débat sur la prévention
À Bukavu, les 27 élèves décédés dans l’incendie du 10 septembre ont été inhumés au cimetière Ruzizi. La cérémonie a été l’occasion de rappeler l’urgence de renforcer la prévention face à la multiplication des incendies dans la ville. Le bilan, précédemment établi à 29 morts, a été revu à la baisse. Plus de 2 000 personnes touchées par les incendies dorment à la belle étoile, et plus de cinq cents maisons ont été détruites. La société civile dénonce le manque de mesures préventives et appelle au respect des normes d’urbanisme. Lire l’article complet.
ONATRA : retraités et veuves réclament leurs droits à Matadi
À Matadi, des retraités et veuves de l’ONATRA ont manifesté pour réclamer le paiement de leurs arriérés, dont plus de cent mois de salaires d’attente impayés. Certains arriérés remonteraient à plus de dix ans. Les manifestants dénoncent également l’absence de prise en charge par la CNSS. Cette mobilisation illustre les difficultés sociales persistantes des anciens employés du secteur public, qui estiment que le non-paiement de leurs droits met en péril leur survie. Lire l’article complet.
Kabund appelle à la rue contre la révision constitutionnelle
L’ancien président par intérim de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, a appelé ses partisans à se mobiliser le 15 septembre devant le Palais du Peuple à Kinshasa, à l’occasion de la rentrée parlementaire. Il conteste toute modification de la Constitution, qu’il présente comme une tentative de prolonger le pouvoir en place. La coalition C64, dont il fait partie, a prévu un sit-in de 8h à 18h. Cette mobilisation s’inscrit dans un climat de tensions autour de la loi fondamentale, alors que le débat sur sa révision divise la classe politique. Lire l’article complet.
Masisi : des centaines d’hectares de bananeraies détruits
La société civile du territoire de Masisi alerte sur la destruction de centaines d’hectares de reboisements et de bananeraies au cours des deux derniers mois. Elle attribue ces faits aux groupes armés et redoute des conséquences sur l’environnement et l’approvisionnement alimentaire de Goma. Des habitants seraient contraints de participer à l’abattage de leurs propres cultures. Cette situation aggrave l’insécurité alimentaire dans une région déjà éprouvée par les conflits. Lire l’article complet.
Sauvons la RDC conteste l’ordonnance sur le dialogue national
Le mouvement Sauvons la RDC, dirigé par Joseph Kabila, conteste l’ordonnance portant organisation du dialogue national. La plateforme estime que le dispositif ne garantit pas un dialogue inclusif et confère une influence déterminante au chef de l’État. Elle appelle à recourir à l’article 64 de la Constitution, marquant une radicalisation de son discours. Cette contestation intervient alors que le dialogue national est présenté comme un cadre de résolution des tensions politiques. Lire l’article complet.
Ce 14 septembre 2026, la RDC est confrontée à des défis sécuritaires, sanitaires et politiques majeurs. La fragilité de l’Est, la suspension de la riposte Ebola, le deuil à Bukavu et les tensions autour de la Constitution dessinent un paysage complexe. La journée de demain, avec la mobilisation annoncée à Kinshasa, pourrait marquer un nouveau tournant dans la crise politique.
