Une flambée de diarrhée aiguë frappe la zone de santé de Lubutu, dans la province du Maniema, avec plus de 70 cas et 10 décès enregistrés dans douze aires de santé. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés, selon un bilan provisoire communiqué dimanche 13 septembre 2026 par les acteurs locaux de santé. Cette situation sanitaire préoccupante met en lumière les risques liés à la consommation d’eau non traitée et la fragilité des infrastructures d’approvisionnement en eau potable dans cette région.
Une maladie hydrique qui progresse rapidement
Détectée dès le mois d’août par les relais communautaires, la maladie s’est intensifiée au cours des deux premières semaines de septembre. Plus de 30 patients ont été admis au centre de santé de référence de Lubutu, dont 28 enfants en bas âge. La diarrhée aiguë, caractérisée par des selles liquides fréquentes, peut entraîner une déshydratation sévère, particulièrement dangereuse pour les jeunes enfants. Les acteurs locaux de santé ont prélevé des échantillons et les ont envoyés au laboratoire afin de déterminer l’origine exacte de cette flambée et de confirmer ou d’infirmer une éventuelle épidémie de choléra.
L’eau des rivières, principal facteur de risque
Les acteurs locaux de santé mettent en cause la consommation d’eau provenant de rivières et de sources naturelles non aménagées. Plus de 2 280 ménages de l’aire de santé de Lubutu seraient ainsi exposés aux maladies d’origine hydrique. L’eau de surface, souvent contaminée par des bactéries ou des virus, constitue un vecteur majeur de diarrhées infectieuses. Sans traitement préalable, sa consommation expose les populations à des risques sanitaires élevés, en particulier dans les zones où l’accès à l’eau potable est limité.
Un centre de santé sous pression
L’afflux de patients met à rude épreuve le centre de santé local. Les acteurs de santé alertent sur la saturation de la structure et les besoins en moyens de prise en charge. Le président du comité de santé de Lubutu, Useni Selemani, sollicite l’appui des partenaires et des organisations humanitaires pour l’aménagement de sources d’eau potable. De son côté, le médecin-chef de la zone de santé, le Dr Mubwana Zamuda, recommande à la population de faire bouillir ou de traiter l’eau avant de la consommer. Ces mesures simples peuvent réduire considérablement le risque de contamination.
Des gestes essentiels en attendant les résultats
En attendant les résultats des analyses de laboratoire, les autorités sanitaires appellent à renforcer les mesures d’hygiène et l’accès à l’eau potable afin de limiter la propagation de la maladie. Faire bouillir l’eau pendant au moins une minute, utiliser des comprimés de chlore ou filtrer l’eau avec un linge propre sont des pratiques recommandées. Le lavage des mains au savon, en particulier avant de manger et après être allé aux toilettes, contribue également à prévenir la transmission. La vigilance des familles et le respect de ces consignes sont essentiels pour protéger les plus vulnérables, notamment les enfants de moins de cinq ans.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
