Un cas d’Ebola confirmé dans le Sud-Ubangi, au nord-ouest de la République démocratique du Congo, illustre la complexité du suivi des maladies infectieuses lorsque les déplacements traversent plusieurs frontières. Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a retracé le parcours d’un jeune homme de 23 ans, parti le 10 juillet de Kamanyola, dans le Sud-Kivu, et décédé le 5 septembre dans le Sud-Ubangi après être passé par le Rwanda, l’Ouganda et plusieurs provinces congolaises.
Ce trajet, long de près de deux mois, a conduit le malade de l’est du pays vers le nord-ouest, en passant par l’Ituri, Bunia, Kisangani et Lisala. Les symptômes sont apparus alors qu’il se trouvait à bord d’un bateau venant de Lisala, a précisé le ministre. À son arrivée dans le Sud-Ubangi le 3 septembre, il a été pris en charge dans un centre de santé, où il est décédé deux jours plus tard. Un prélèvement envoyé à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa a confirmé la maladie à virus Ebola.
Un cas importé, pas une transmission locale
Roger Kamba a insisté sur la nature importée de ce cas. « C’est un cas importé. Ce n’est pas un cas du Sud-Ubangi », a-t-il déclaré. Selon lui, le jeune homme n’a pas été contaminé dans cette province, mais y est arrivé déjà malade. Les autorités n’ont pas identifié de cas de transmission locale dans le Sud-Ubangi à ce stade, a-t-il ajouté. Cette distinction est importante pour la riposte : elle signifie que la priorité est de retrouver les personnes ayant été en contact avec le malade le long de son itinéraire, plutôt que de chercher une chaîne de contamination locale.
La recherche des contacts, un enjeu transfrontalier
Le parcours du malade, qui a traversé deux pays voisins et plusieurs provinces, complique le travail des équipes sanitaires. Le ministre affirme que les services de santé connaissent « pratiquement tous les contacts », notamment les personnes qui ont pris en charge le jeune homme et celles qui voyageaient avec lui sur le bateau. Cette connaissance est essentielle pour briser la chaîne de transmission, car Ebola se propage par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou décédée.
Une riposte rapide avec vaccins et suivi
Une équipe a été envoyée par avion dans le Sud-Ubangi avec des médicaments et plus de 300 doses de vaccin. Sa mission est d’assurer le suivi des contacts, d’administrer les traitements nécessaires et de procéder aux vaccinations autour du cas. La vaccination est l’un des outils clés pour contenir les flambées d’Ebola, en protégeant les personnes à risque et en limitant la propagation. L’inhumation du jeune homme a été réalisée « de manière digne et sécurisée », selon Roger Kamba, une mesure importante pour éviter toute contamination lors des rites funéraires.
Ce cas rappelle que la mobilité des personnes peut transporter des maladies sur de longues distances, même lorsque les zones de départ et d’arrivée ne sont pas en épidémie active. La riposte repose sur la rapidité de la détection, la recherche exhaustive des contacts et la vaccination ciblée, autant d’éléments que les autorités congolaises disent avoir mis en place dans le Sud-Ubangi.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
