Le rapatriement de membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de leurs dépendants vers le Rwanda s’est accéléré ces derniers jours, selon des annonces distinctes de la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) et des autorités rwandaises. Ces opérations, menées en coordination avec les gouvernements congolais et rwandais, s’inscrivent dans un processus de démobilisation et de réintégration destiné à réduire la présence de ce groupe armé dans l’Est de la RDC.
La MONUSCO a indiqué avoir facilité, le 8 septembre 2026, le transfert de 120 membres des FDLR accompagnés de leurs personnes à charge. L’annonce a été rendue publique deux jours plus tard. Les personnes concernées ont été conduites au centre de la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC) à Mutobo, où elles doivent intégrer un programme de réintégration communautaire avant de regagner leurs communautés d’origine.
Un second rapatriement annoncé par Kigali
De son côté, le gouvernement rwandais a fait état, mercredi 9 septembre 2026, de l’accueil de 366 Rwandais en provenance de la RDC. Selon le ministère rwandais chargé de la gestion des urgences, ces personnes sont arrivées au centre de transit de Kijote. Elles étaient réparties entre Goma (304), Bukavu (32) et Kamanyola (30). Le chef de la diplomatie rwandaise a présenté ces rapatriés comme d’anciens otages des FDLR, qualifiées de « force génocidaire soutenue par Kinshasa », et d’autres groupes armés.
Les autorités rwandaises ont précisé que 269 rapatriés précédemment hébergés dans ce centre avaient déjà pu regagner leurs districts d’origine. L’implication du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans ces opérations n’a pas été confirmée.
Un processus encadré mais contesté
Ces rapatriements s’inscrivent dans le cadre d’un accord conclu en juin à Addis-Abeba entre le Rwanda, la RDC et l’ONU. Les trois parties se sont engagées à créer les conditions nécessaires pour le retour volontaire des réfugiés, malgré les défis sécuritaires persistants. Cependant, des difficultés majeures et des contestations ont été signalées sur le terrain.
Dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23, des opérations ont été menées en contournant parfois les standards stricts du HCR. Des ressortissants rwandais installés depuis des décennies au Nord-Kivu ont dénoncé des expulsions ou des pressions pour quitter le pays, vivant ces transferts comme des retours forcés. Fin juillet, un désaccord a ravivé les tensions entre Kigali et la MONUSCO : le Rwanda a renvoyé 39 personnes en RDC, affirmant qu’elles étaient des citoyens congolais et non des ex-combattants des FDLR, alors que leur identité rwandaise avait été confirmée lors de leur rapatriement.
Un enjeu central des relations entre Kinshasa et Kigali
La question des FDLR demeure l’un des principaux points de tension dans les relations diplomatiques et sécuritaires entre la RDC et le Rwanda. Kigali considère ce groupe armé comme une menace pour sa sécurité intérieure et justifie en partie sa présence militaire en RDC par la nécessité de prévenir ces menaces. Kinshasa rejette cet argumentaire et accuse le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23 et de contribuer à l’exploitation illégale des ressources naturelles dans l’Est de la RDC.
Dans ce contexte, les autorités congolaises ont engagé une démarche ayant abouti à un protocole d’accord avec les FDLR sur le désarmement, la démobilisation, le cantonnement et la réintégration de leurs membres au Rwanda. Pour Kinshasa, cette démarche constitue un moyen d’honorer l’un de ses engagements sécuritaires pris dans le cadre des accords de Washington, signés sous les auspices des États-Unis.
Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sécuritaire sur le terrain demeure préoccupante. Les affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23 se poursuivent, et aucune solution durable ne semble encore se dégager. Les appels au respect des engagements se multiplient, mais leur effet reste limité, relançant le débat sur le décalage entre les avancées politiques et la réalité sécuritaire.
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Article Ecrit par Amissi G
Sources: Actualite.cd, mediacongo.net
