AccueilActualitéSantéRDC : renforcer d’urgence les capacités face aux urgences sanitaires

RDC : renforcer d’urgence les capacités face aux urgences sanitaires

Les directions centrales et les divisions provinciales des secteurs de la Santé, de la Pêche et Élevage ainsi que de l’Environnement en République démocratique du Congo présentent d’importantes faiblesses institutionnelles, techniques et logistiques. C’est le constat dressé lors d’un atelier de restitution tenu le vendredi 11 septembre 2026 à l’hôtel Royal, à Kinshasa. Les experts ayant réalisé l’état des lieux qualifient la situation de « catastrophique », compromettant la capacité de ces secteurs à faire face efficacement aux urgences de santé publique.

Cette évaluation met en lumière des lacunes qui touchent directement la résilience du système de santé. Le Dr Jean-Pierre Lokonga, qui a présenté les conclusions de l’état des lieux, a dressé un tableau préoccupant : infrastructures dépourvues d’équipements de base, manque de matériel informatique, absence de frais de fonctionnement adéquats. À cela s’ajoutent des difficultés liées au personnel, notamment des agents non rémunérés ou éligibles à la retraite, ainsi que des cadres organiques encore en évolution.

Des faiblesses structurelles qui fragilisent la réponse sanitaire

Le diagnostic révèle une faible capacité de gestion et une pléthore du personnel par rapport au cadre organique. L’environnement de travail est jugé inadéquat, sans disponibilité d’eau, d’électricité pérenne et de connexion Internet. « Globalement, on assiste à une faible capacité de gestion, à une pléthore du personnel par rapport au cadre organique, à un environnement de travail inadéquat, sans disponibilité d’eau, d’électricité pérenne et de connexion Internet », a relevé le Dr Jean-Pierre Lokonga.

Sur le plan logistique, le manque de moyens nécessaires au personnel pour accomplir efficacement ses missions est également pointé. Ces déficits ont un impact direct sur la capacité des structures à anticiper, détecter et répondre aux urgences sanitaires, qu’il s’agisse d’épidémies, de zoonoses ou de risques environnementaux.

Des recommandations pour renforcer les capacités

Face à ces constats, les parties prenantes ont formulé des recommandations communes. Il s’agit notamment d’élaborer un PANSS provincial avec l’appui de RESOLVE et d’un coach, ainsi qu’un accompagnement dans la gestion financière et fiduciaire. L’extension des contrats EUP avec les agences des Nations unies ou d’autres partenaires présents dans les provinces concernées est également envisagée. La formation du personnel à la SIMR, à la SIMAR, à la surveillance environnementale et à l’approche « One Health » figure parmi les priorités.

Pour le secteur de la Santé, les recommandations portent sur l’accélération de la signature des textes mettant en place le réseau des laboratoires en RDC. Il est aussi recommandé d’appuyer, à travers l’UG-PDSS/HEPRR, la DIS et l’INRB, l’opérationnalisation des cinq laboratoires P2 construits ou réhabilités à Bunia, Kananga, Kisangani, Mbandaka et Bandundu. Une dotation groupée en matériels informatiques et en connexion Internet pour les structures centrales est préconisée, ainsi que la poursuite du plaidoyer pour la mécanisation et le paiement des primes aux cadres centraux et aux personnels en provinces.

Une responsabilité partagée entre gouvernement et partenaires

Les secrétaires généraux des ministères concernés ont appelé à une responsabilité partagée entre le gouvernement et ses partenaires. « Souvent, c’est la responsabilité du gouvernement, mais aussi de ses partenaires. Parce que les partenaires qui viennent dans ce pays viennent en appui au gouvernement et, dans ce cas, ils doivent s’aligner sur les priorités du gouvernement », a déclaré le secrétaire général à la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Body Ilonga.

Dans le secteur de l’Environnement, il est recommandé d’organiser un groupe de travail chargé de préparer la révision du cadre organique, avec l’appui technique de la Fonction publique et le soutien financier des partenaires. La dotation groupée en équipements informatiques et l’accès à Internet pour les structures centrales, particulièrement au bénéfice des parties prenantes du projet HEPRR, sont également préconisés. Pour la Pêche et Élevage, les recommandations prévoient la mise en place d’un groupe de travail chargé de clarifier les attributions de la DLMA, de la DSV et du SENES au regard du cadre organique et de l’arrêté ministériel de 2018.

Ces mesures visent à améliorer la résilience des secteurs face aux urgences sanitaires. La faible mécanisation du personnel, la difficulté de fidélisation ainsi que la faible capacité de gestion ont un impact négatif sur le système de santé, a souligné le Dr Jean-Pierre Lokonga. Le renforcement des capacités institutionnelles et logistiques apparaît donc comme une condition essentielle pour une meilleure préparation et réponse aux crises sanitaires en RDC.

A lire aussi : Kinshasa : un nouvel incendie frappe le Petit collège Saint Pierre ; Ituri : la société civile exige des garanties sanitaires avant la rentrée scolaire face à Ebola

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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