La journée du 12 septembre 2026 est marquée par une série de crises sécuritaires et humanitaires en République démocratique du Congo. Des incendies meurtriers à Kinshasa et Bukavu, des combats au Masisi, l’absence de policiers en Ituri, la contestation du marché du carbone et la riposte contre Ebola dominent l’actualité. Voici le débrief des principaux événements.
Incendies à Kinshasa : Tshisekedi exige une réponse urgente
Le Président Félix Tshisekedi a appelé le Gouvernement à une réponse urgente et coordonnée face à la recrudescence des incendies à Kinshasa. Lors du Conseil des ministres du 11 septembre, il a déploré les pertes en vies humaines et les dégâts matériels, notamment après l’incendie de la salle de fête Panassé à Lingwala. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes. Le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a ordonné le déploiement de 24 équipes de contrôle dans les établissements publics. Lire l’article complet.
Cette communication présidentielle intervient dans un contexte de multiplication des sinistres dans la capitale, où les normes de sécurité sont souvent insuffisamment respectées. Les inspections annoncées visent à prévenir de nouveaux drames en vérifiant la conformité des infrastructures recevant du public, telles que les salles de fêtes, les écoles, les églises, les marchés et les stades. La coordination entre les autorités et les services de protection civile sera déterminante pour renforcer la sécurité des lieux publics et réduire les risques d’incendie.
Incendies à Bukavu : plus de 2 000 sinistrés sans abri
À Bukavu, plus de 2 000 personnes ont passé la nuit à la belle étoile après les incendies qui ont ravagé les avenues Funu B et Kasheke dans le quartier Chimpunda. Le bilan provisoire fait état d’environ 29 élèves morts dans des bousculades. Les besoins humanitaires sont immenses, mais aucune mesure concrète d’assistance n’a été annoncée. Lire l’article complet.
Les sinistrés, principalement des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées, ont vu plus de 500 maisons partir en fumée. Les complexes scolaires Furaha et Ujamaa ont également été touchés, entraînant des pertes tragiques parmi les élèves. Face à l’ampleur des dégâts, les autorités locales se sont rendues sur place pour évaluer la situation, mais aucune aide concrète n’a encore été fournie aux milliers de personnes contraintes de dormir dehors. Cette tragédie met en évidence la vulnérabilité des populations dans les quartiers densément peuplés, où les constructions précaires et l’absence de dispositifs de prévention aggravent les conséquences des incendies.
Masisi : nouveaux combats à Bitoy entre FARDC et AFC/M23
Des affrontements opposent depuis ce matin les forces gouvernementales appuyées par les Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23 à Bitoy, dans le territoire de Masisi. Ces combats surviennent au lendemain de la reprise de Mahanga par les FARDC. Aucun bilan n’est encore disponible, mais la situation reste volatile. Lire l’article complet.
La progression militaire des FARDC et de leurs alliés vers Bitoy, après la reprise de Mahanga, a déplacé le front et ravivé les craintes des civils. Des tirs d’armes légères et lourdes sont rapportés dans la zone, et les habitants des villages environnants vivent dans l’inquiétude. Cette dynamique illustre la volonté des forces gouvernementales de consolider leurs gains territoriaux, mais elle expose aussi les populations à de nouveaux risques. La situation reste évolutive, et les déplacements de population pourraient s’intensifier si les affrontements persistent.
Ituri : la société civile de Djugu alerte sur l’absence de policiers
La société civile de Djugu dénonce l’absence de policiers dans plusieurs localités du territoire de l’Ituri. Des zones comme Tse, Logo Takpa, Joo et Kparnganza restent sans protection, tandis que plus de 50 000 déplacés regagnent Bule sans présence policière. Les moyens logistiques font également défaut là où des agents sont déployés. Lire l’article complet.
Ce constat alarmant a été dressé à l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière. La situation est particulièrement préoccupante à Bule, où plus de 50 000 déplacés regagnent progressivement leurs villages sans aucune présence policière. Même dans les zones où des policiers sont déployés, le manque de moyens de déplacement et d’équipements limite fortement les patrouilles et les interventions. Le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa a reconnu l’importance de la protection des personnes vulnérables et a appelé les partenaires à soutenir les efforts du gouvernement pour améliorer les capacités opérationnelles de la police.
RDC : Kinshasa prépare la restauration de l’État à Uvira et Beni
Le gouvernement Suminwa II annonce une feuille de route pour rétablir l’autorité de l’État dans les territoires occupés de l’Est. Uvira servira de ville pilote avant Beni, avec une mission attendue fin septembre. Lire l’article complet.
Cette préparation concrète au retour de l’administration fait suite à la promesse d’une libération prochaine des territoires occupés. Un atelier technique s’est tenu à Kinshasa avec tous les services concernés afin d’établir une feuille de route. Le processus se décline en trois étapes : l’atelier technique, l’adoption de la feuille de route par les partenaires techniques et financiers ainsi que les ONG humanitaires, et l’intégration de la société civile. Le choix d’Uvira comme ville pilote vise à concrétiser cette reconquête administrative, avec une mission gouvernementale attendue avant la fin du mois de septembre, suivie d’une autre étape à Beni début octobre.
Marché du carbone : la société civile demande le renvoi au Parlement
Des organisations congolaises recommandent au Président de surseoir à la signature de l’ordonnance-loi sur le marché du carbone et de renvoyer le texte au Parlement pour un débat transparent. Elles contestent notamment la répartition des revenus prévue par l’article 40. Lire l’article complet.
Dans une déclaration publiée vendredi 11 septembre à Kinshasa, plusieurs organisations ont exprimé leurs inquiétudes concernant le projet adopté par le Conseil des ministres. Elles dénoncent l’absence de consultations préalables, inclusives et transparentes avec les communautés locales, les peuples autochtones, la société civile, les services publics et le secteur privé. La répartition des revenus issus du marché du carbone constitue un point de préoccupation majeur, les organisations contestant la part de 70 % attribuée à l’opérateur privé et 30 % à l’État, ainsi que l’ambiguïté de la quote-part destinée aux communautés locales. Elles demandent également au ministère de l’Environnement d’organiser des consultations nationales inclusives et de soumettre au Parlement un projet révisé et consensuel.
Ebola Bundibugyo : le COUSP mise sur la vaccination en Ituri
Le COUSP note des avancées dans la surveillance de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo grâce à la vaccination. Au 9 septembre, 6 843 cas confirmés et 3 310 décès ont été enregistrés. La tendance est à la baisse, mais les autorités appellent à maintenir les efforts. Lire l’article complet.
Lors d’une conférence de presse, le directeur général du COUSP, Christian Ngandu, a indiqué que les dispositifs de riposte, de prise en charge et de dépistage restent opérationnels et produisent des effets positifs dans les zones touchées. La campagne de vaccination se poursuit, avec 1 582 personnes déjà immunisées. Le pays dispose actuellement de 70 000 doses de vaccin sur les 500 000 attendues. Le gouvernement a mis en place un plan révisé de 180 jours, chiffré à 1,2 milliard de dollars américains, pour contrôler l’épidémie. La vaccination apparaît comme un levier important de la surveillance épidémiologique, en protégeant les personnels de soins et les contacts des cas confirmés.
Ce débrief met en lumière les défis sécuritaires et humanitaires auxquels la RDC est confrontée. Des incendies meurtriers aux combats au Masisi, en passant par l’absence de policiers en Ituri et la contestation du marché du carbone, la journée du 12 septembre 2026 illustre l’urgence d’une réponse coordonnée des autorités et de la communauté internationale.
