La promesse d’une libération prochaine des territoires occupés dans l’Est de la République démocratique du Congo s’accompagne désormais d’une préparation concrète au retour de l’administration. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé que le gouvernement Suminwa II travaille activement à la restauration de l’autorité de l’État dans ces zones, avec une feuille de route déjà élaborée.
Cette déclaration, faite lors d’une intervention sur la redevabilité du gouvernement, soulève une question centrale : comment transformer une victoire militaire en une présence durable des services publics pour les populations qui ont vécu sous occupation ?
Une feuille de route pour l’après-occupation
Selon le ministre, un atelier technique s’est tenu à Kinshasa avec tous les services concernés afin d’établir une feuille de route. Celle-ci doit permettre de mettre en œuvre les mécanismes de restauration de l’autorité de l’État dans les territoires aujourd’hui occupés, mais qui seront libérés « dans un avenir très proche », a-t-il martelé.
Le processus se décline en trois étapes : l’atelier technique à Kinshasa, l’adoption de la feuille de route par les partenaires techniques et financiers ainsi que les ONG humanitaires, et l’intégration de la société civile à travers un atelier de quatre jours tenu dans la capitale.
Uvira, ville pilote d’une reconquête administrative
Pour concrétiser cette reconquête, le gouvernement a choisi Uvira, au Sud-Kivu, comme ville pilote. Jacquemain Shabani a rappelé qu’une mission sur place avait déjà été effectuée il y a quelques mois pour échanger avec les autorités provinciales.
La phase opérationnelle est imminente : une mission gouvernementale est attendue à Uvira avant la fin du mois de septembre pour associer les communautés locales. Elle sera suivie d’une autre étape à Beni, au Nord-Kivu, début octobre.
Un chantier énorme et inclusif
Le ministre a souligné l’ampleur de la tâche : « La restauration de l’autorité de l’État dans cette partie de la République et dans les territoires occupés sera un chantier extrêmement énorme, il faut s’y préparer et intégrer le plus grand nombre d’acteurs. »
Cette approche inclusive vise à associer les services de l’État, les partenaires techniques et financiers, les ONG humanitaires et la société civile. Elle traduit la volonté du gouvernement de montrer que la libération militaire des zones occupées s’accompagnera immédiatement du retour de l’autorité de l’État.
Reste à savoir si cette préparation administrative pourra répondre aux attentes des populations locales, souvent confrontées à l’absence prolongée des services publics et à la précarité des infrastructures. La réussite de ce chantier dépendra de la capacité à transformer les annonces en actions concrètes sur le terrain.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
