Plus de 2 000 personnes ont passé la nuit de jeudi à vendredi à la belle étoile à Bukavu, après les incendies qui ont ravagé les avenues Funu B et Kasheke, dans le quartier Chimpunda. Un drame qui soulève des questions sur la capacité des autorités à protéger les populations et à répondre à l’urgence humanitaire.
Une nuit sans abri pour des familles entières
Selon des acteurs locaux, les sinistrés sont principalement des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Plus de 500 maisons ont été touchées par les flammes, laissant des familles sans abri ni produits de première nécessité. Bienfait Ngolombe, notable de la zone, décrit une situation préoccupante et lance un appel à l’aide. « Plus de deux mille personnes se trouvent encore à l’extérieur à l’heure où nous parlons. Parmi elles, de nombreux enfants et des personnes âgées figurent dans ce nombre, qui reste estimatif et pourrait être supérieur », témoigne-t-il.
Les besoins prioritaires concernent les couvertures et les produits de première nécessité. Le notable plaide également pour la mise à disposition d’abris, même temporaires, afin de permettre aux familles de passer la nuit dans des conditions plus dignes. Une demande qui met en lumière l’absence de réponse immédiate des pouvoirs publics face à une catastrophe de cette ampleur.
Un bilan humain lourd et encore provisoire
Le bilan provisoire communiqué par la sous-division éducationnelle Bukavu 3 fait état d’environ 29 élèves morts lors des bousculades liées à l’incendie. Les complexes scolaires Furaha et Ujamaa ont été touchés par les flammes. Selon des informations rapportées sur place, certains élèves seraient morts dans une bousculade alors qu’ils tentaient de fuir les flammes, tandis que d’autres ont été asphyxiés par la fumée et conduits vers des structures sanitaires.
Des témoins évoquent plusieurs dizaines d’élèves pris en charge dans des hôpitaux de la ville. Aucune nouvelle évolution du bilan humain n’a été annoncée vendredi matin par les sources hospitalières ou les autorités locales concernant les 25 autres élèves admis aux urgences. L’origine de l’incendie reste inconnue à ce stade, selon la société civile locale.
Une réponse humanitaire qui se fait attendre
Face à l’ampleur des dégâts, les autorités locales se sont rendues sur place pour évaluer la situation des victimes. Mais aucune mesure concrète d’assistance n’a été annoncée pour les milliers de sinistrés contraints de dormir dehors. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des élèves présentés comme morts, mais ces images ne permettent pas à elles seules d’établir un bilan et cette information n’a pas été confirmée par les autorités.
La tragédie de Bukavu met en évidence la vulnérabilité des populations face aux incendies dans les quartiers densément peuplés, où les constructions précaires et l’absence de dispositifs de prévention aggravent les conséquences. Elle interroge aussi sur la capacité des services d’urgence à intervenir rapidement et à prendre en charge les victimes, alors que les familles sinistrées attendent toujours une aide concrète.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: mediacongo.net, radiookapi.net, radiookapi.net
