À Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, les salles de classe des écoles publiques restent vides dix jours après la rentrée scolaire officielle. Les enseignants de la province éducationnelle Maï-Ndombe 1 maintiennent une grève sèche entamée le 1er septembre, exigeant le paiement de deux mois de salaire impayés : décembre 2025 et janvier 2026. Une situation qui prolonge de fait les vacances des élèves et inquiète les familles.
Un mouvement motivé par deux mois d’arriérés
La grève sèche, qui consiste à cesser toute activité sans être remplacé, a été décrétée par les enseignants pour réclamer le règlement de leurs salaires de décembre 2025 et janvier 2026. Selon Eric Nsa, secrétaire-rapporteur de l’intersyndicale, la position des grévistes est ferme : « Les enseignants ont dit non. Ils vont reprendre le chemin de l’école après avoir touché les deux mois. Pas de deux mois, pas de rentrée scolaire. » Le retard de paiement est attribué à la banque chargée de l’opération, sans plus de précision.
Des élèves contraints de rester à la maison
Cette paralysie des activités scolaires a des conséquences directes sur les élèves, qui ne peuvent pas suivre les cours. Alain Mbembe, père de cinq enfants, illustre l’inquiétude des parents. Trois de ses enfants sont inscrits au secondaire, dans les Instituts Maï-Ndombe 1 et 2, et deux au primaire, à l’école primaire Molende. Il déplore ce congé forcé : « J’avais pris toutes les dispositions pour que les enfants retrouvent le chemin de l’école dès le 1er septembre, tel que décidé, mais, à notre grande désolation, nous constatons que jusqu’à aujourd’hui, les enseignants ne sont pas encore disponibles à l’école. Les enfants restent à la maison, avec toutes les conséquences possibles sur leur encadrement et leur niveau. »
L’appel du gouverneur à la reprise
Face à cette situation, le gouverneur de province, Nkoso Kevani, a adressé un message aux enseignants en début de semaine. Il les a sensibilisés à lever leur mesure, soulignant que le retard de paiement ne touche pas uniquement la province éducationnelle Maï-Ndombe 1. Selon lui, les deux autres provinces éducationnelles, Maï-Ndombe 2 et 3, fonctionnent normalement malgré des irrégularités de paiement. « En tant que gouverneur de province, je demande à tous les enseignants de Maï-Ndombe 1 d’emboîter le pas aux autres provinces éducationnelles, Maï-Ndombe 2 et 3, où il n’y a pas de grève, mais où il y a aussi des retards de salaire. Tout n’est pas payé là-bas », a-t-il indiqué.
Un précédent qui fragilise l’année scolaire
Ce n’est pas la première fois que les écoles de la région sont perturbées par des impayés. Au cours de l’année scolaire 2025-2026, une grève de près de deux mois avait déjà paralysé les activités scolaires pour la même raison. Les cours n’avaient pu reprendre qu’après plusieurs interventions du gouvernement provincial. La persistance de ces retards de salaire soulève des questions sur la régularité des paiements et la capacité des autorités à garantir la continuité de l’éducation dans cette province.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
