La malnutrition frappe durement la zone de santé de Pendja, dans le territoire de Kiri, au nord de la province du Mai-Ndombe. Plus de 20 décès ont déjà été enregistrés, tandis que plus de 500 personnes sont actuellement affectées, selon le Dr Gustave Bola, médecin chef de zone de santé de Pendja. Cette situation, qui dure depuis plusieurs mois, touche particulièrement les populations autochtones pygmées, dont l’état nutritionnel se dégrade de manière inquiétante.
Une crise nutritionnelle aux contours encore flous
Le Dr Gustave Bola n’a pas précisé les causes profondes de cette crise. Il évoque une dégradation progressive de l’état nutritionnel des habitants, sans détailler les facteurs déclenchants. Cette absence de diagnostic précis complique la mise en place d’une réponse adaptée. La malnutrition, qui résulte d’un déséquilibre entre les apports alimentaires et les besoins de l’organisme, peut avoir des origines multiples : insécurité alimentaire, maladies, pratiques d’alimentation inadaptées ou encore difficultés d’accès aux soins. Dans le cas de Pendja, les services de santé locaux font face à une situation qu’ils peinent à contenir seuls.
Les populations autochtones pygmées, souvent marginalisées et dépendantes des ressources naturelles, sont particulièrement vulnérables. Leur mode de vie traditionnel, basé sur la chasse et la cueillette, peut être perturbé par des changements environnementaux ou des pressions extérieures, réduisant ainsi leur accès à une alimentation variée. Cette vulnérabilité structurelle explique en partie pourquoi elles figurent parmi les plus touchées par la crise nutritionnelle actuelle.
Un appel à l’aide pour éviter le pire
Face à l’urgence, le médecin chef de zone lance un appel pressant aux autorités nationales, aux organisations humanitaires et aux bailleurs de fonds. « Il faut mobiliser sans délai des ressources d’urgence. Que les autorités nationales, les organisations humanitaires et les bailleurs de fonds fassent quelque chose en urgence », a-t-il plaidé. Cette demande traduit l’ampleur des besoins sur le terrain, où les structures sanitaires semblent dépassées. Sans intervention rapide, le nombre de victimes pourrait continuer d’augmenter, prévient-il.
L’appel du Dr Bola met en lumière les défis logistiques et financiers auxquels sont confrontées les zones de santé rurales en RDC. L’éloignement géographique, le manque de personnel qualifié et l’insuffisance des intrants nutritionnels thérapeutiques compliquent la prise en charge des cas de malnutrition aiguë. Une mobilisation rapide des ressources est donc essentielle pour éviter une détérioration supplémentaire de la situation sanitaire.
Prévention et prise en charge communautaire
Le Dr Gustave Bola préconise la mise en place d’actions communautaires axées sur la prévention et la prise en charge de la malnutrition, notamment auprès des populations les plus vulnérables. Cette approche vise à renforcer la résilience nutritionnelle des communautés de Pendja. Concrètement, il s’agirait d’identifier précocement les cas, de fournir un appui alimentaire ciblé et d’éduquer les familles aux bonnes pratiques nutritionnelles. Une intervention rapide, estime-t-il, permettrait de réduire les décès et d’éviter une aggravation de la situation.
La mise en place de tels programmes communautaires nécessite l’implication des relais communautaires, des agents de santé et des leaders locaux. Ces acteurs de proximité sont en première ligne pour détecter les signes de malnutrition, orienter les patients vers les structures de soins et assurer un suivi régulier. Leur rôle est d’autant plus crucial que l’accès aux centres de santé peut être difficile pour les populations isolées, notamment en saison des pluies.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
